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Ernest Rey, dit Ernest Reyer

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur et critique musical français (Marseille 1823 – Le Lavandou, Var, 1909).

Dans sa jeunesse, il fut contraint de travailler quelques années dans la comptabilité, sous la direction de son oncle à Alger ; de cette époque date déjà une Messe solennelle pour l'arrivée du duc d'Aumale à Alger (1847). Contre la volonté de ses parents, Reyer vint à Paris en 1848 et travailla le piano sous la direction de ses cousins Aristide et Louise Farrenc. Il se lia avec Théophile Gautier, dont les textes lui fournirent le sujet de son premier poème symphonique avec voix et chœurs, le Sélam (1850), d'une inspiration africaine qui l'a fait comparer au Désert de Félicien David. Par la suite, il se consacra essentiellement à la musique de scène. Entre 1854 et 1864, il produisit trois opéras ­ Maître Wolfram, sur un texte de Méry et Gautier (1854), la Statue (texte de Barbier et Carré, d'après les Contes des mille et une nuits, 1861), Érostrate (texte de Méry et Pacini, 1862) ­ et un ballet, Sacountalâ (livret de Gautier, d'après un sujet hindou, 1858). Exception faite pour Érostrate, ces œuvres eurent du succès et reçurent notamment les éloges de Berlioz.

De 1866 à 1898, Reyer exerça la profession de critique musical dans divers journaux : la Revue française, la Presse, le Courrier de Paris, et surtout le Journal des débats, où il succédait à Berlioz et à d'Ortigue. Sa productivité musicale baissa considérablement, mais c'est au cours de cette période qu'il écrivit Sigurd (1884) et Salammbô (1890), qui restent ses œuvres majeures. Bien qu'admirant Wagner, il se refusait à l'imiter et c'est comme continuateur du grand opéra français qu'il apparaît même dans le sujet wagnérien de Sigurd.