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Johann Baptist Joseph Maximilian, dit Max Reger

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Pianiste, organiste et compositeur allemand (Brand, Oberpfalz, 1873 – Leipzig 1916).

Aîné des cinq enfants d'un instituteur installé à Weiden en 1874, Joseph Reger, et de Philomena Reichenberger, qui lui apprennent très jeune à jouer de divers instruments, il est ensuite, pendant huit ans, l'élève de l'organiste Adalbert Lindner, qu'il remplace, dès l'âge de treize ans, à l'orgue de la paroisse catholique de Weiden. En 1888, pour récompenser la réussite scolaire de son fils, Joseph lui offre un voyage à Bayreuth qui va confirmer sa vocation de compositeur. Mais ce n'est qu'à dix-neuf ans qu'intervient la décision définitive. En secret, Lindner a envoyé les œuvres de son disciple au célèbre maître Hugo Riemann qui, honneur insigne, l'accepte comme élève, tout d'abord à Sondershausen, puis à Wiesbaden (1890-1893). Là, Reger se lie d'amitié avec Ferrucio Busoni et obtient d'enseigner l'orgue et la théorie au conservatoire Freudenberg (1893-1896).

À l'âge de vingt-trois ans, Reger fait la connaissance de Brahms à qui il voue depuis longtemps une vive admiration et il lui dédie sa Suite d'orgue op. 16. Subjugué, le vieux maître lui donne sa photo avec une dédicace où il déclare lui transmettre le flambeau de la musique allemande, après l'avoir lui-même reçu des mains de Schumann.

Après un an de service militaire, Reger rentre dans sa famille, qu'il suivra trois ans plus tard à Munich. C'est là qu'il épouse Elsa von Bercken, née von Bagensky (1902). À partir de cette date et jusqu'à sa mort, il ne cessera plus de composer chaque jour. En 1905, il est nommé professeur d'orgue et de composition à la Königliche Akademie der Tonkunst de Munich. Ses récitals d'orgue attirent l'attention de Karl Straube, célèbre organiste, qui désormais interprétera régulièrement les œuvres de Reger en public. En 1902, Straube est nommé organiste à Saint-Thomas de Leipzig, puis en 1907 professeur au conservatoire de cette ville. Reger finit par le rejoindre pour y enseigner la composition (1907).

À Munich, ses œuvres ont déchaîné l'hostilité violente des membres de la « Nouvelle Allemagne » (Ludwig Thuille, Rudolf Louis et Max von Schillings), mais Reger entretient avec son chef de file, Richard Strauss, des liens d'amitié et d'admiration mutuelles. C'est avec l'accord de Strauss qu'il publie alors une série d'articles sur l'esthétique de la nouvelle musique et les droits sacrés du compositeur moderne. À Leipzig, Reger sera peu à peu submergé de distinctions universitaires et honorifiques venues de toute l'Allemagne.

Cependant, il continue ses tournées d'organiste et de musique de chambre, notamment à Londres en 1909. À Dortmund, en 1910, un premier festival Reger est organisé. Deux ans plus tard, Reger se voit confier la direction du célèbre orchestre de la Meininger Hofkapelle, fondé par Hans von Bülow. Pendant trois ans, il effectue avec lui de nombreux voyages et compose à son intention quelques grandes partitions orchestrales. Il n'en conserve pas moins son poste au conservatoire de Leipzig.

En 1914, une grave affection nerveuse consécutive à l'abus d'alcool le contraint à plusieurs mois de repos. Il abandonne l'orchestre de Meiningen et s'installe à Iéna, d'où il poursuit ses tournées et donne des cours à Leipzig une fois par semaine. C'est là, dans un hôtel, qu'il est terrassé par une crise cardiaque à l'âge de quarante-trois ans.

L'œuvre de Reger n'est comparable en abondance qu'à celle des grands maîtres classiques. Elle est, aussi, incontestablement inégale, comme il le reconnaissait lui-même. Il a abordé tous les genres sauf le théâtre. Mêlant la « force baroque » à la « tendresse romantique », une parfaite maîtrise de l'écriture à une mobilité harmonique toute moderne, sa musique reste très personnelle. Les principales références en sont Beethoven et Schumann, mais le chromatisme wagnérien n'en est pas moins sous-jacent. Le modèle le plus proche et le plus accepté demeure celui de Brahms pour la synthèse entre l'inspiration et le métier, la subjectivité et l'objectivité, la rigueur néoclassique et l'expressivité romantique. L'expérience de l'organiste, interprète de Bach, conditionne toute la production pour orgue : on a même parlé de lui comme d'un « second Bach ». Surmontant le style quelque peu « confus » et « chaotique » de ses premières œuvres, Reger tend, surtout à la fin de sa vie, vers un nouvel idéal fait d'économie des moyens, de simplicité et de transparence. Il faut reconnaître cependant que certaines de ses œuvres les plus célèbres, qui datent de « l'époque d'Iéna », comme les Variations et Fugue sur un thème de Telemann op. 134 (1914) et les Variations sur un thème de Mozart op. 132 (1914), sont en réalité moins caractéristiques que ses partitions néobaroques et surchargées de la période munichoise.