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Jacopo Peri

Jacopo Peri dans le rôle d'Orphée
Jacopo Peri dans le rôle d'Orphée

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Chanteur et compositeur italien (Rome 1561 – Florence 1633).

Venu très jeune à Florence, il étudie la musique avec Cristofano Malvezzi, puis commence une carrière d'organiste dès 1579 et de chanteur dès 1586. Il est sans doute, pendant cette période, en contact avec la Camarata du comte Bardi, bien qu'aucun document ne permette de l'attester. Il a déjà acquis, à cette époque, une certaine renommée pour ses qualités de chanteur, d'organiste et de compositeur. À partir de 1588, il est au service des Médicis et participe l'année suivante au divertissement de G. Bargagli (La Pellegrina), donné à l'occasion du mariage du duc Ferdinando et de Christine de Lorraine. Dans les années qui suivent, il appartient au cénacle de poètes et musiciens, dominé par E. de Cavalieri, qui se réunissent chez Jacopo Corsi et tentent d'établir un prototype de drame musical conforme à l'idéal antique des humanistes. Il y rencontre le poète Ottavio Rinuccini et de cette époque date une longue collaboration qui devait très tôt porter ses fruits. Leur première œuvre commune est la pastorale Dafne (1598), où Peri met pour la première fois en pratique sa conception du style récitatif. Deux ans plus tard, en 1600 donc, leurs efforts réunis aboutissent à Euridice (premier opéra complet de l'histoire de la musique), à laquelle G. Caccini apporte sa contribution musicale et qui est exécutée lors du mariage d'Henri IV et de Marie de Médicis.

Peri continue, par la suite, à travailler pour les Médicis, mais en tant que compositeur plus que chanteur. Il entretient également des relations étroites avec la cour de Mantoue et en particulier avec le prince Ferdinando de Gonzague. En 1618, il est nommé camarlingo generale dell'Arte della Lana à Florence. Il ne chante déjà plus, mais continue à composer, quoique modérément, jusqu'à la fin de sa vie. La majeure partie de son œuvre a été perdue, en particulier les nombreux ballets et intermèdes composés pour les cours de Florence et de Mantoue. Sa fréquente collaboration avec M. et G. B. da Gagliano et avec Francesca Caccini a fait croire qu'il était devenu le spécialiste du style récitatif et a éclipsé ses dons musicaux réels. S'il est vrai que son récitatif convient merveilleusement bien à sa fonction narrative, Peri a d'autre part opéré avec Euridice une réforme totale du drame musical, où la musique est subordonnée au texte. Ses mélodies sont très expressives, lyriques même parfois, et il n'hésite pas à user du chromatisme et de l'ornementation pour souligner le sens de la phrase. Il donne enfin aux instruments un rôle de soutien, limité à une improvisation sur la basse continue. Peri développera d'ailleurs ce type d'écriture dans son recueil de chansons et madrigaux, Le Varie Musiche (1609) à 1, 2 et 3 voix avec basse continue. Euridice est l'aboutissement des années de recherche des cénacles florentins, et l'œuvre porte en elle le ferment du nouveau style (stile moderno) 55 55 244 que Monteverdi allait porter à sa perfection.