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Harry Partch

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur-interprète américain (Oakland, Californie, 1901 – San Diego, Californie, 1976).

À tous égards, il est hors des sentiers battus : fils de missionnaires, élevé dans l'Arizona, il décide très jeune, après quelques essais classiques, de s'écarter de tous les modes conventionnels de production et d'écriture de la musique. Ainsi, entre 1923 et 1928, il conçoit une démarche entièrement personnelle, aussi bien dans son système de hauteurs et de rythmes ­ adoption d'une échelle non tempérée basée sur une division de l'octave en 43 parties égales ; polyrythmie basée sur des divisions rationnelles des durées ­ que dans la lutherie utilisée (il construit de nouveaux instruments accordés sur cette échelle et n'utilise qu'épisodiquement les instruments existants, européens ou « exotiques »). Sa conception des œuvres et de leur présentation est aussi originale (musiques autour de textes parlés, pour ensembles d'instruments Partch, dont l'aspect même, ainsi que les actions des exécutants, forment à eux seuls un spectacle).

Comme beaucoup d'autres « rénovateurs » occidentaux, Partch base sa théorie et sa pratique sur l'idée d'un « retour aux sources » de la musique (résonance et consonance naturelles, fonction rituelle et magique de la musique) et puise ses influences un peu partout (musiques de sorcières, berceuses, musiques des Indiens, des Orientaux, des Africains… et le Boris Goudounov de Moussorgski), mais il a l'audace et l'opiniâtreté de l'extrémiste dans sa recherche d'une « autre musique ». Créant un ensemble instrumental, le Gate 5 Ensemble, destiné à jouer sa production, il parvient à vivre de ses concerts, de « bourses » données par des fondations, et de postes de chercheurs dans des universités.

Les « instruments Partch », formant un orchestre où domine la sonorité des percussions et des cordes pincées, se divisent en 3 grandes familles : les chordophones, instruments à cordes pincées ou frappées avec des mailloches (par ex., « guitare adaptée », « blue rainbow », « Castor et Pollux », « crychord ») ; les idiophones, percussions accordées (« gourd tree », marimbas de verre, bois, métal, « cone gongs », « cloud chamber bowls » en verre) ; et les aérophones (dont un orgue accordé à la Partch, le « chromelodéon »). Parmi les œuvres du compositeur, on citera : By the Rivers of Babylon (1931) ; Dark Brother (1943) ; US Highball, œuvre dramatique avec chœur (1943) ; 2 Settings from Finnegans Wake d'après Joyce (1944) ; Œdipus, œuvre dramatique d'après Sophocle (1951) ; The Mock Turtle Song and Jabberwocky d'après Lewis Carroll (1952) ; The Bewitched, œuvre dramatique (1955) ; et l'œuvre qui lui acquit une certaine réputation, The Delusion of the Fury, avec chanteurs solos et chœurs (1969).

Injouable, par définition, sur d'autres instruments que les siens, l'œuvre de Partch ne s'est répandue que par quelques enregistrements. Il en a exposé la théorie ­ impliquant une conception globalisante de la pratique musicale, qu'il appelle lui-même « corporéalisme » ­ dans son livre Genesis of a Music by Harry Partch (1949, rééd. 1974).