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Giovanni Paisiello

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur italien (Roccaforrata, près de Tarente, 1740 – Naples 1816).

Il fut l'élève de Durante, et se fit connaître comme auteur d'opéras-comiques ou sérieux, inspirés tant par Goldoni que par Métastase, avant de triompher véritablement à Naples, sa ville d'adoption, avec L'Idolo cinese (1767) et Don Quichotte (1769), œuvres révélatrices d'un frémissement encore inconnu chez Piccinni ou chez Anfossi. Après un très original Socrate imaginaire (1775), il fut appelé à succéder à Traetta comme maître de chapelle de Catherine II à Saint-Pétersbourg, où il donna notamment I Nitetti, d'après Métastase (1777) et le Barbier de Séville (1782). À son retour, il donna à Vienne Il Re Teodoro in Venezia (1784), drame héroïcomique, sur un poème de l'abbé Casti, œuvre dont les ensembles concertants firent une forte impression et qui demeura à l'affiche plus de cinquante ans, puis il rejoignit Naples, où il composa ses deux chefs-d'œuvre, La Molinara (1789) et Nina ossia La Pazza per amore (1789), écrits pour la célèbre Coltellini.

Il adopta par la suite des attitudes politiques souvent maladroites, prenant tour à tour parti pour les Bourbons ou pour Napoléon, qui l'appela à Paris, et pour lequel il écrivit un Te Deum et une Messe du sacre. Il fut ensuite honoré par le roi Joseph Bonaparte, à Naples, mais retomba en disgrâce lors du retour des Bourbons. En 1816, le succès du Barbier de Séville de Rossini et un grave affront que lui infligea Ferdinand IV hâtèrent sa fin.

Avec Cimarosa, Paisiello se situe à un carrefour important dans l'évolution de l'opéra entre Piccinni et Rossini. Sa veine mélodique, son harmonie raffinée, le firent hautement apprécier par ses contemporains puis par Beethoven, et la sentimentalité dont il sut doter les héros de ses œuvres comiques, leur sincérité d'accents marquèrent toute une époque.

Comme Cimarosa, il se distingua également dans la musique sacrée (Requiem, une Passion de Jésus-Christ en 1783), dans la musique de chambre ­ on lui doit de remarquables quatuors ­ et surtout dans ses huit concertos pour clavecin et orchestre. Certaines scènes, comme celle de la folie de Nina, respirent une atmosphère préromantique. Paisiello témoigne aussi d'une belle originalité dans ses scènes d'ensemble, par l'importance qu'il attribua à l'orchestre, par son goût pour les onomatopées vocales (Socrate imaginaire), ce qui annonce Rossini, et par le réalisme d'un langage dont on lui attribua à tort la paternité, mais dont il donna de magnifiques exemples.