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Ignacy Jan Paderewski

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Pianiste et compositeur polonais (KuryÐowka, Podolie, 1860 – New York 1941).

Il manifeste des dons précoces qui le font admettre en 1872 au conservatoire de Varsovie. Il y étudie le piano avec Juliusz Janotha, Rudolf Strobl, Jan Sliwinski et Pavel Schlözer, la théorie musicale avec Karol Studzinski, l'harmonie et le contrepoint avec Gustaw Roguski. À peine diplômé, il enseigne lui-même à Vienne de 1878 à 1883, et à Strasbourg en 1885. Il poursuit ses études à Berlin, puis à Vienne avec Friedrich Kiel (1881), Heinrich Urban (1883) et surtout Leschetizky (1884), qui se montrent déjà effrayés par son style peu orthodoxe. Son premier récital important, donné à Paris salle Érard, le 3 mars 1883, marque le début d'une renommée, qui va se répandre dans toute l'Europe et bientôt en Amérique. Il crée aux États-Unis une fondation Paderewski (1896) pour venir en aide aux jeunes compositeurs, et, à Varsovie, deux concours de composition musicale et de théâtre (1898).

De 1889 à 1909, il compose durant les mois d'été la majeure partie de son œuvre, fortement inspirée par le folklore polonais, Danses polonaises, Tatra Album, Fantaisie polonaise pour piano et orchestre, l'opéra Manru, pages d'obédience postromantique. Le virtuose défend un répertoire limité aux grands romantiques comme Chopin, dont il réalise une nouvelle édition, Liszt et Beethoven, préférant le récital au concert avec orchestre, pour lequel il ne joue que neuf concertos différents.

La prestance et l'allure aristocratique de Paderewski entraient pour beaucoup dans la fascination qu'il exerça sur les foules, au même titre que sa technique transcendante et que sa manière très personnelle de résoudre les problèmes de rubato et de pédale, avec comme but premier la fidélité à l'expression, sinon au texte lui-même. Homme d'engagement, il le fut également envers son pays, la Pologne, qu'il servit jusque dans son effondrement de la Seconde Guerre mondiale, jouant pour appeler à sa libération. Ambassadeur à Washington (1918), puis Premier ministre et ministre des Affaires étrangères (1919-20), il représenta son pays ressuscité à la signature du traité de Versailles. Il fut aussi, au début de la Seconde Guerre mondiale, président du gouvernement polonais en exil.