En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Carl Orff

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur allemand (Munich 1895 – id. 1982).

D'abord chef d'orchestre à Munich, Mannheim et Darmstadt, il met un certain temps à trouver sa voie de compositeur. Entre 1920 et 1935, il compose des opéras, des poèmes symphoniques, des lieder, des cantates sur des textes de Franz Werfel et Bertolt Brecht. Dès les années 20, il met au point un système d'éducation musicale fondé sur le rythme, et, en 1925, fonde avec Dorothée Gunther la Guntherschule, école de gymnastique rythmique et de danse classique. Il conçoit pour les élèves un orchestre où dominent les petites percussions (xylophones, métallophones en réduction, accordés sur la gamme pentatonique), orchestre encore utilisé aujourd'hui dans l'éducation musicale, en liaison avec la méthode qu'il proposait dès 1933 dans son ouvrage Schulwerk. Si cette méthode est très critiquée aujourd'hui par certains, elle eut le mérite, avec la méthode Dalcroze, d'être une des rares méthodes actives créées pour les enfants et offrant une alternative au solfège traditionnel. En même temps, dans les années 20 et 30, il se penche sur des musiques alors presque oubliées, Byrd, Lassus, Schütz, Monteverdi (dont il adapte l'Orfeo) et dégage sa conception personnelle d'une musique revenant à ses sources « primitives », liées au corps, à l'apprentissage de la maîtrise et de la coordination corporelle, mais aussi à une certaine idée de la musique comme rite. C'est en 1937 qu'il connaît, dans l'Allemagne du IIIe Reich, son premier grand succès, dont le retentissement sera mondial : ce sont les Carmina Burana, cantate scénique d'esprit « païen » où il cherche à retrouver la force des genres dramatiques primitifs, avec leur écriture martelée et simplifiée. Dès lors, reniant et détruisant ses compositions antérieures, il ne va cesser de suivre cette voie où une « nouvelle simplicité » (répétition mécanique d'accords parfaits, déclamation souvent recto tono, réduction des éléments mélodiques et rythmiques à leur niveau minimal de complexité), se met au service d'une volonté d'envoûtement dramatique. Les Catulli Carmina (1943) et le Trionfo di Afrodite (1953) complètent ce triptyque païen des Trionfi, exaltation d'un Éros jeune, viril, fort et collectif. Dans les « mystères » Der Mond (1939), sur une légende bavaroise, Die Kluge (1943), Die Bernauerin (1947), en dialecte bavarois, il cherche une forme de théâtre musical populaire allemand. Mais à la fin du Reich, dont il a été un des musiciens officiels, il se tourne plutôt vers des thèmes grecs (Antigonae, 1949, et Œdipus der Tyrann, 1959, d'après Sophocle, dans la version allemande d'Hölderlin, et un Prometheus, 1966, en grec ancien) et chrétiens (Comoedia de Christe resurrectione, 1957 ; Ludus de Nato Infante mirificus, 1960 ; De temporum fine comœdia, 1973). Dans ces œuvres scéniques, les instruments à cordes sont réduits au minimum, au profit d'instruments plus utilisables dans un esprit « archaïsant » comme les vents, et, surtout, les percussions. Car cet archaïsme, chez lui, passe par un renoncement implacable à toute forme de nuance, d'écart, de fantaisie, hors des normes fixées au départ. Son succès s'explique facilement par cette recherche d'efficacité, mais aussi par le talent du compositeur à la mettre en œuvre.