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Pierre Moulu

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur franco-flamand ( ? v. 1480-1490 – ? v. 1550).

On ne sait rien de précis sur sa vie, mais on peut déduire certaines de ses activités de ses compositions. Il était actif au début du siècle puisqu'il écrivit une déploration sur la mort d'Anne de Bretagne (Fiere attropos mauldicte et inhumaine), décédée en 1514. En outre, le texte de quelques pièces semble prouver l'appartenance de Pierre Moulu à la chapelle royale, à Paris, dans le premier quart du xvie siècle. C'est en particulier le cas du motet Mater floreat florescat, écrit en l'honneur des grands musiciens de France (Agricola, Busnois, Compère, Dufay, de La Rue, Obrecht), et dont une bonne partie est consacrée à des musiciens du début du siècle (Brumel, les frères Févin, Isaac, Mouton, Ninot le Petit). La place privilégiée accordée à Josquin Des Prés peut donner raison à Ronsard, qui prétend que Pierre Moulu fut élève du grand musicien dans sa dédicace au Livre des meslanges (1560). Cette thèse semble être corroborée par les emprunts que Moulu a faits à Josquin (messe Missus est Gabriel, par exemple) et par les similitudes de style entre les deux musiciens (similitudes sensibles en particulier dans la déploration déjà citée).

Moulu a écrit dans les trois genres de l'époque : messes, motets et chansons. Son écriture est assez conservatrice et se caractérise par un style note contre note fréquent et par de nombreux emprunts, non seulement dans ses messes (messes parodies), mais aussi dans ses chansons qui puisent souvent dans le répertoire populaire. Son œuvre la plus célèbre est la messe Alma redemptoris mater, écrite de façon à pouvoir être exécutée telle quelle, ou en omettant à toutes les voix les silences supérieurs à la minime. La renommée de Moulu à l'époque est certaine, car ses œuvres furent publiées par Attaingnant, qui transcrivit pour orgue le motet Sicut malus, dont s'inspira Palestrina dans sa messe In illo tempore.