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Frank Martin

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur suisse (Genève 1890 – Naarden, Pays-Bas, 1974).

Fils de pasteur, il eut comme professeur Joseph Lauber (piano, harmonie, composition), et ne fréquenta aucun conservatoire. Il entreprit aussi des études de physique et de mathématiques. Après la Première Guerre mondiale, il vécut à Zurich, Rome et Paris, et enseigna la théorie rythmique à l'institut Jaques-Dalcroze. Porté par goût vers la musique et l'esthétique françaises, il avait grandi dans un milieu imprégné de culture et de musique allemandes, et ses premières œuvres révèlent les traces de ce conflit. C'est le cas, par exemple, des Trois Poèmes païens pour baryton et orchestre (1910), d'après Leconte de l'Isle, et de l'oratorio les Dithyrambes (1918), dont la création fut assurée par Ernest Ansermet. Dans les Sonnets à Cassandre, d'après Ronsard (1921) se manifeste l'influence de Ravel, et, avec le triptyque orchestral Rythmes (1926), le compositeur affirma une nette personnalité. Suivit une période sérielle illustrée notamment par un premier concerto pour piano (1933-34) et 1 trio à cordes (1936). De la même époque datent le ballet Die blaue Blume (1936) et une symphonie (1937).

Frank Martin ne parvint à la maturité et à la certitude stylistique que vers l'âge de cinquante ans, avec l'oratorio profane le Vin herbé, d'après le Tristan de Joseph Bédier. L'œuvre est écrite pour 12 voix solistes accompagnées par 7 cordes et 1 piano, et date de 1938-1941. Dès lors, la production vocale du musicien devait se partager entre textes allemands et français, et son art se définit comme une parfaite synthèse d'éléments latins et germaniques. Des quelque 80 ouvrages constituant son catalogue, plus des deux tiers sont postérieurs au Vin herbé. Dans le sillage de ce premier chef-d'œuvre se situe Der Cornet, cycle de mélodies pour voix d'alto (ou de mezzo) et orchestre d'après Rilke (1942-43). Suivirent notamment les Six Monologues de Jedermann pour alto ou baryton et piano (1943, orch. 1949), les oratorios In terra pax (1944-45) et Golgotha (1946-1948), une célèbre Petite Symphonie concertante pour harpe, clavecin, piano et 2 orchestres à cordes (1945), les opéras Der Sturm d'après Shakespeare (1952-1955, créé à Vienne en 1956) et Monsieur de Pourceaugnac d'après Molière (1961-62, créé à Genève en 1963), le Mystère de la Nativité, oratorio/spectacle d'après Arnoul Gréban (1959), les Quatre Éléments (1964), une des rares partitions symphoniques du compositeur, 1 quatuor à cordes (1967), 1 Requiem (1971), 1 concerto pour violoncelle (1965-66) et un deuxième concerto pour piano (1968-69).

Tempérament grave et méditatif, Frank Martin vécut aux Pays-Bas (d'abord à Amsterdam, puis à Naarden), patrie de sa troisième épouse, à partir de 1946, et, de 1950 à 1957, enseigna la composition à l'École supérieure de musique de Cologne, où il eut comme élève Karlheinz Stockhausen.