En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Ruggero Leoncavallo

Vittorio Rota, décor pour Paillasse
Vittorio Rota, décor pour Paillasse

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur et librettiste italien (Naples 1857 – Montecatini, Toscane, 1919).

La vie de ce musicien, dont le nom reste attaché à son opéra Paillasse, véritable manifeste du vérisme, demeure assez obscure, en raison des légendes qu'il a lui-même accréditées, notamment sur son âge véritable et ses diplômes universitaires. Fils d'un magistrat, formé au conservatoire de Naples, il suivit l'enseignement du poète Carducci à Bologne, voyagea (notamment en Égypte, où résidait un de ses oncles, diplomate) et vint gagner sa vie à Paris, jouant du piano dans les cafés-concerts, s'y liant avec Massenet et avec le baryton Victor Maurel, qui l'appuya alors de sa renommée. Sensible aux théories wagnériennes, excellent versificateur, il rédigea lui-même ses livrets, s'inspirant souvent de modèles littéraires élevés ; il avait déjà écrit Chatterton (créé seulement en 1896) lorsque le succès de Paillasse (1892), dont le prologue lui avait été suggéré par Maurel, devenu son interprète, lui apporta la gloire et des profits immédiats. Une trilogie sur la renaissance florentine (Crepusculum), qui eût dû comprendre encore Savonarole et Cesare Borgia, se limita aux Medici (1893), dont l'insuccès le découragea. Sa Bohème (1897) souffrit du triomphe de l'opéra de Puccini, mais il rencontra un meilleur accueil avec Zaza (1900) et avec Der Roland von Berlin (1904), commande de Guillaume II.

Il s'adonna quelque temps à la composition d'opérettes et renoua avec ses ambitions initiales avec un Œdipe Roi (1920), dont sa mort soudaine l'empêcha de voir la création.

Le succès universel de Paillasse, réplique de la Cavalleria rusticana de Mascagni, détourna Leoncavallo de son idéal, mais il n'en demeure pas moins que cette œuvre, libérée des interprétations médiocres, dont elle fut trop souvent victime, révèle non seulement ses qualités de poète et de dramaturge, mais un solide métier musical et une veine mélodique intense et sincère qui en font une étape de l'évolution de l'art lyrique. On doit encore à Leoncavallo quelques mélodies, dont la célèbre Mattinata, dédiée à Caruso (1904), ainsi que des livrets d'opéra écrits pour d'autres compositeurs.