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Leipzig

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Cette ville de Saxe, où naquit Richard Wagner en 1813 et qui est aujourd'hui intégrée dans la République allemande, fut aux xviiie et xixe siècles une grande capitale musicale, avec ses deux grandes églises, Saint-Thomas et Saint-Nicolas, et leurs écoles de musique.

La Thomasschule, attachée à l'église Saint-Thomas, école publique ancienne, était célèbre pour ses chœurs formés de jeunes garçons de dix à dix-neuf ans, étudiants en musique, les alumni, qui chantaient la messe pendant les services religieux. Elle compta parmi ses « cantors » Stephani von Orba (à partir de 1435), Sethus Calvisius (1594-1615), Johann Hermann Schein (1615-1630), Johann Kuhnau (1701-1722) et surtout Jean-Sébastien Bach, qui reprit le poste à la mort de Kuhnau et l'assura de 1723 à 1750. Parmi les cantors plus récents, on peut citer J.-A. Hiller (1789-1804) et, de nos jours, Günther Ramin (à partir de 1950), Kurt Thomas (1955-1961), Mauesberger (1961-1972), H. J. Rotzsch (1972).

Les concerts du Gewandhaus sont une tradition célèbre à Leipzig. Ces concerts réguliers, fondés en 1743 par Johann Friedrich Doles, qui dirigeait alors un ensemble de 17 exécutants, furent interrompus entre 1756 et 1763 par la guerre de Sept Ans, sous Frédéric-Auguste II, mais ils ressuscitèrent en 1763 avec un effectif instrumental plus important, et, à partir de 1781, se donnèrent dans une salle attenante à l'ancienne halle des marchands de lin, le Gewandhaus (la « maison du vêtement »). En 1884, ils s'installèrent dans une salle plus grande et d'acoustique meilleure. Un nombre considérable de musiciens réputés ont été chefs titulaires du Gewandhaus : parmi ceux-ci, Felix Mendelssohn (1835-1847), Niels Gade (1847-48), Karl Reinecke (1860-1895), Arthur Nikisch (1895-1922), Wilhelm Furtwängler (1922-1929), et, à partir de 1970, Kurt Masur. C'est l'orchestre du Gewandhaus qui jouait à l'opéra de Leipzig. Inauguré en 1693 avec l'Alceste de N.-A. Strungk, cet opéra fut, au xviiie siècle surtout, un des hauts lieux du Singspiel allemand, sous la direction de Georg Philipp Telemann puis, après une interruption, de J.-A. Hiller. C'est là que fut créé pour l'Allemagne l'Oberon de Weber en 1828. Au xxe siècle, on y créa plusieurs opéras modernes allemands : en 1927, Johnny joue (Johnny spielt auf) d'Ernest Křenek, premier opéra occidental intégrant le jazz ; en 1930, Mahagonny (Aufstieg und Untergang der Stadt Mahagonny) de Kurt Weill et Bertolt Brecht ; en 1948, Die Nachtschwalbe (« l'Engoulevent ») de Boris Blacher. À l'orchestre du Gewandhaus, il faut ajouter l'orchestre symphonique de Leipzig.

Le conservatoire de musique de Leipzig fut créé en 1843 par Mendelssohn, qui y donnait des leçons de piano et de composition, et qui invita notamment Schumann à y enseigner (c'est à Leipzig que Schumann avait étudié le droit, rencontré Friedrich Wieck et sa fille Clara, et fondé en 1834 sa revue musicale, la Neue Zeitschrift für Musik). Actuellement nommé Staatliche Hochschule für Musik, ce conservatoire servit de modèle à d'autres écoles de musique fondées par la suite. L'Institut de musicologie, attaché à l'université, fut également un centre réputé de recherches et d'enseignement, notamment sous la direction de Riemann. Plusieurs éditeurs de musique importants se sont installés à Leipzig : Eulenburg (jusqu'en 1939), Breitkopf und Härtel (jusqu'en 1952), Peters, etc., mais la division de l'Allemagne en a fait émigrer une partie après la Seconde Guerre mondiale. Après la réunification, Breitkopf und Härtel a conservé son siège principal à Wiesbaden, mais en installant des branches à Leipzig et à Paris.