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Jean-François Le Sueur ou Jean-François Lesueur

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur français (Drucat-Plessiel, Somme, 1760 – Paris 1837).

Il étudia la musique comme enfant de chœur à la collégiale d'Abbeville, puis à la cathédrale d'Amiens. Nommé maître de chapelle à la cathédrale de Sées (1778), il partit bientôt pour Paris afin de travailler l'harmonie avec l'abbé Roze, maître de chapelle de l'église des Saints-Innocents. Il obtint successivement les maîtrises des cathédrales de Dijon (1779), du Mans (1782), et Saint-Martin de Tours (1783), mais, à la mort de l'abbé Roze, il fut appelé pour lui succéder aux Saints-Innocents. En 1786, il devint maître de chapelle à Notre-Dame de Paris. Il y obtint l'autorisation d'ajouter de la musique symphonique à la musique d'orgue, lors des grandes fêtes religieuses de l'année : Assomption, Noël, Pâques et Pentecôte. Cette innovation inquiéta le clergé, mais obtint un grand succès auprès des fidèles et de la reine Marie-Antoinette. Pendant la Révolution, Lesueur mit son art au service de la nation, de même que Méhul, Gossec ou Cherubini, et composa nombre d'hymnes et de pièces de circonstance pour les fêtes officielles. En 1793, il fit ses débuts au théâtre et obtint d'emblée un succès estimable avec la Caverne, représentée au théâtre Feydeau. Cet ouvrage manifeste déjà son goût pour la musique descriptive et pour ses recherches harmoniques. À la fondation du Conservatoire (1795), il fut élu membre de la commission des études musicales, et fut chargé, avec Méhul, Gossec et Catel, de la rédaction des Principes élémentaires de la musique et des Solfèges du Conservatoire. Napoléon l'estimait beaucoup et lui avait confié le soin de composer une Marche triomphale pour le jour de son sacre.

Cependant, Lesueur ne parvenait pas à se faire représenter à l'Opéra, où l'importance de ses ouvrages et des effets scéniques qu'ils demandaient rebutait la direction. Il fallut que Paisiello abandonnât en 1804 son poste de maître de chapelle des Tuileries et que l'Empereur désignât Lesueur comme son successeur pour que l'Opéra lui ouvrît enfin ses portes. Aussitôt, son ouvrage Ossian ou les Bardes fut représenté avec un immense succès. Il fut cependant retiré de l'affiche dès la chute de l'Empire. En revanche, le Triomphe de Trajan, créé en 1807, se maintint jusqu'en 1827. Plusieurs de ses autres opéras restèrent non représentés, dont Alexandre à Babylone, composé en 1815. Sous la Restauration, Lesueur devint compositeur de la chapelle de la cour, et, en 1818, fut nommé professeur de composition au Conservatoire. Il eut parmi ses élèves Ambroise Thomas, Berlioz, Marmontel, Reber et Gounod ; son influence fut grande sur eux, en particulier sur Berlioz auquel il inculqua le goût des figurations considérables et de l'instrumentation somptueuse. C'est surtout à travers sa musique religieuse (messes, oratorios) que cette influence s'est exercée. Lesueur avait fait des efforts pour revenir aux modes et aux rythmes grecs, et consacra ses dernières années à étudier l'histoire de la musique ancienne. Un catalogue de ses œuvres a été réalisé par Jean Mongrédien (1980).