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Pierrede La Rue

ou Pierchon, Petrus De Vico, Pieter Van Der Straeten

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur franco-flamand (Tournai ? v. 1460 – Courtrai 1518).

Ténor à la confrérie Notre-Dame de Bois-le-Duc (1490-1492), il entra à la chapelle de Bourgogne (1492-1495). C'est dans ce milieu, et autour de cet héritage, qu'il travailla sans être tenté par le voyage en Italie. Cela lui valut, sans doute, sa réputation exceptionnelle au moment même où Josquin Des Prés brillait. Passé au service de Philippe le Beau (fils de Marie de Bourgogne et de Maximilien Ier), il devint membre de sa chapelle de Lille (1496-1500) et l'accompagna en Espagne (1501-1502), puis de nouveau en 1505-1506, voyage au cours duquel mourut Philippe le Beau. Il entra alors au service de Marguerite d'Autriche, régente des Pays-Bas, à Malines (1506-1514), qui se conduisit à son égard en véritable mécène et lui obtint des prébendes (Gand, Namur, Termonde). En 1516, il se retira comme chanoine à Courtrai, où il mourut. La Rue apparut avant tout comme un compositeur religieux et un des meilleurs représentants de la solide école franco-flamande de contrepoint. Dans cette tradition, la plupart de ses messes, au nombre de 31, sont du type de la messe à teneur, souvent liturgique, parfois profane, employée avec une grande variété. Il excella à tirer des développements des figures les plus simples (Missa ut-fa), à utiliser comme Obrecht l'ostinato, et l'usage du canon est chez lui d'une virtuosité étourdissante (par exemple, Missa Ave sanctissima Maria, entièrement un triple canon, et Missa O Salutaris hostia, « Ô hostie salvatrice », où toutes les voix procèdent constamment par imitations canoniques). Dans ces messes, au-delà du dessin des parties, La Rue montre un sens harmonique certain, bien que l'augmentation du nombre des voix ne soit, en fait, qu'une amplification sonore (dans Ave sanctissima Maria, 3 des 6 voix doivent être déduites à la quarte supérieure).

Le style de La Rue est généralement austère, parfois heurté avec de brusques arrêts, mais il peut faire preuve d'une écriture très claire, d'un sens mélodique très expressif. L'homophonie est un procédé qui ne l'attire guère. Ses chansons (une quarantaine, dont la célèbre Autant en emporte le vent), souvent mélancoliques conformément au climat de la cour de Marguerite, témoignent d'une grande habileté de composition : souplesse mélodique, richesses harmoniques (Pourquoi non ne veuil-je morir, à 4 voix). S'il semble s'être rapproché de Josquin Des Prés à la fin de sa vie, on peut cependant affirmer qu'à l'écart de toute influence italienne il reste, en ce début du xvie siècle, un représentant significatif du style des années 1480.