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Kubelik

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Famille de musiciens d'origine tchèque.

Jan, violoniste tchèque (Michle, près de Prague, 1880 – Prague 1940). Cet enfant prodige ­ il se produit en concert à huit ans ­ est l'élève d'un grand pédagogue, O. Sevcik, au conservatoire de Prague, de 1892 à 1898. Dès ses débuts fulgurants à Vienne, sa virtuosité lui vaut le titre de « Second Paganini ». Comme son illustre devancier, Kubelik est adulé sans mesure. À bord de son wagon-salon particulier, il parcourt l'Europe avant de conquérir les États-Unis en 1902. En 1901, il sauve l'Orchestre philharmonique tchèque d'une grave crise financière en organisant, en particulier, une tournée en Grande-Bretagne. Exemple de longévité, sa carrière ne prend fin qu'en 1940, après dix concerts d'adieu à Prague. Interprète sans pareil de Paganini, qui fit sa gloire, Kubelik composa des pièces de virtuosité, dont pas moins de six concertos, et se vit dédier nombre de pages de haute technicité, telle la Kubelik-Serenade de F. Drdla. Ses quelques incursions dans des domaines plus convaincants ont prouvé qu'il savait allier à la perfection technique une profonde intuition musicale. Il possédait deux stradivarius, de 1678 et 1715 (l'Empereur), et un guarnerius del' Gesù.

Rafael, chef d'orchestre suisse (Bychory 1914). Fils du précédent, il est initié par son père au violon et suit au conservatoire de Prague les cours de J. Feld (violon), O. Sin (composition) et P. Dedecek (direction d'orchestre). Il fait ses débuts avec l'Orchestre philharmonique tchèque qu'il dirige, de 1942 à 1948, après avoir été le directeur musical de l'Opéra de Brno. L'Europe occidentale le découvre en 1948, quand il dirige Don Juan à Édimbourg. Ayant quitté la Tchécoslovaquie, il devient le directeur musical de l'Orchestre symphonique de Chicago (1950-1953), puis du Royal Opera House de Londres (1955-1958). Il est, de 1961 à 1979, le directeur de l'Orchestre de la radio bavaroise qu'il retrouve en 1972 après une tentative peu concluante au Metropolitan Opera de New York. En 1985, il cesse de diriger pour raison de santé, mais retourne en 1990 en Tchécoslovaquie pour y diriger Ma patrie de Smetana. Son œuvre abondante couvre tous les domaines, du lied à l'opéra, de la symphonie au concerto. Ses musiciens de prédilection sont Mahler (il a signé une intégrale de ses symphonies) et Berlioz (avec un attachement particulier pour les Troyens qu'il a dirigés successivement à Brno, Londres et New York). Citons également Dvořák, Janáček, Bruckner, Bartók et Britten, autant de musiciens authentiquement romantiques, qui correspondent idéalement à la nature droite et spontanée de Kubelik. Privilégiant le travail en profondeur des œuvres plutôt que la gestique de direction, il s'attache à recréer et à mettre en évidence la respiration primordiale de chacune d'entre elles.