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Wilhelm Kempff

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Pianiste allemand (Jüterborg 1895 – Positano, Italie, 1991).

Issu d'une famille d'organistes luthériens, il manifeste dès l'âge de cinq ans des dons musicaux exceptionnels. Son père l'initie au chant choral et à l'orgue et I. Schmidt-Schlesicke lui donne ses premières leçons de piano. En 1905, il suit, à la Hochschule für Musik de Berlin, l'enseignement du compositeur R. Kahn et du pianiste H. Barth, dépositaire de la grande tradition lisztienne. Malgré des succès précoces ­ en 1907, un premier récital ; en 1910, une audition réussie devant Busoni et Dohnanyi ­, Wilhelm Kempff termine ses études de philosophie et de musique, celles-ci couronnées en 1916 par le prix Mendelssohn (piano et composition), avant de se lancer dans la carrière. En 1917-18, il effectue deux tournées en Allemagne et en Scandinavie, comme pianiste et organiste accompagnant le chœur de la cathédrale de Berlin. Puis il donne un récital à la Singakademie de Berlin (avec, notamment, la sonate Hammerklavier de Beethoven et les Variations sur un thème de Paganini de Brahms), et fait des débuts de concertiste avec la Philharmonie de Berlin dirigée par A. Nikisch. En 1920, après une tournée triomphale en Scandinavie, il enregistre son premier disque : des Écossaises et des Bagatelles de Beethoven. Il dirige, de 1924 à 1929, la Staatliche Hochschule für Musik de Stuttgart. Il donne des cours d'été, à partir de 1931, à Potsdam, en compagnie de E. Fischer et de W. Gieseking.

Mais le pédagogue et le compositeur (auteur d'un Mystère sur la vie du Christ, 1925, et d'un opéra, le Roi Midas, 1930) s'effacent bientôt devant l'interprète : le chef d'orchestre occasionnel (il dirige, en 1928, l'Art de la fugue de Bach), l'organiste féru d'improvisations, le chambriste partenaire de G. Kulenkampff et de Lotte Lehmann, et surtout le pianiste. Il joue notamment en Grèce, en Amérique du Sud, au Japon et à Paris en 1938. Contraint à une semi-retraite dans l'immédiat après-guerre, Wilhelm Kempff retourne à la composition et rédige ses Mémoires (Cette note grave, Paris, 1955). En 1951, il réalise sa première intégrale des sonates de Beethoven. À partir de 1954, après une tournée-pèlerinage au Japon (il joue Bach à l'orgue de l'Église de la paix universelle d'Hiroshima), sa carrière se partage équitablement entre récitals, musique de chambre (ses partenaires ont pour noms P. Fournier, Y. Menuhin, P. Casals à Prades, etc.), cours d'été à Positano depuis 1957 (consacrés à Beethoven) et enregistrements.

Au cours des dernières années, assombries par la maladie, Kempff revient à Bach, après avoir servi scrupuleusement Beethoven et fait redécouvrir les sonates de Schubert. Le compositeur voit son œuvre servie par les plus grands, G. Kulenkampff, Van Kempen, W. Furtwängler, etc. Quatre opéras, deux symphonies, deux quatuors à cordes, un concerto pour violon, un autre pour piano, une Passion allemande et un Mystère sur la naissance du Seigneur en sont les pages les plus marquantes. Même dans le répertoire romantique, le pianiste n'a jamais oublié les leçons de clarté et de rigueur apprises par l'organiste. Improvisateur-né, il a su plier une technique brillante aux exigences de chaque œuvre. Son art, vigoureux et passionné, s'est fait, avec le temps, plus sincère, plus subtil, prenant le ton de la confidence familière. Sa science du phrasé et le toucher nuancé à l'extrême sont au service d'un chant et d'une émotion décantés jusqu'à l'innocence.