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Ernst Theodor Wilhelm, dit Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

Ernst Theodor Amadeus Hoffmann
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Écrivain et compositeur allemand (Königsberg 1776 – Berlin 1822).

Après des études de droit, il commença une carrière de magistrat. Mais, attiré par la musique, qu'il avait étudiée notamment avec l'organiste Podbielski, il obtint un poste de chef d'orchestre au théâtre de Bamberg (1808-1813), puis à celui de Dresde. En 1814, il fut contraint d'accepter un emploi à la cour d'appel de Berlin, ville dans laquelle il demeura jusqu'à sa mort.Célèbre pour ses Contes, Hoffmann fut également un compositeur habile, dont le talent s'exerça dans des genres aussi différents que l'opéra, le singspiel, la musique sacrée et la musique de chambre (notamment cinq sonates pour piano). Son style, empreint d'un certain conservatisme, évolua, et, dans son opéra Ondine (1813-14, livret de La Motte Fouqué), créé avec succès à Berlin en 1816, apparaissent le fantastique et la magie ; il faut y voir une préfiguration de l'opéra romantique, tel que l'illustrera, en particulier, le Freischütz de Weber.

La vie d'Hoffmann montre la diversité de talents exaltée par les doctrines nouvelles et la fascination qu'exerce sur lui l'imbrication du réel et de l'imaginaire. Obsédé par le mythe de Don Juan, fasciné par Mozart (il changera son prénom Wilhelm en Amadeus), défenseur ardent de Beethoven, qu'il désigne comme le compositeur romantique par excellence, Hoffmann réserva une large place à la musique dans son œuvre littéraire : d'une part dans ses articles sur Gluck, le Don Juan de Mozart, Beethoven, Sacchini, Spontini, etc., et dans ses notes critiques pour les œuvres de Beethoven, Boieldieu, Gluck, Méhul, Mozart, Paer, Spohr, Spontini, entre autres ; d'autre part dans ses Contes, comme les Fantaisies à la manière de Callot (Bamberg, 1814-15 : le Chevalier Gluck, Don Juan…) ou les Opinions du Chat Murr (Berlin, 1819-1821), dans lesquels il met en scène le musicien Johannes Kreisler, double de lui-même, extravagant et génial. Il traduisit en allemand la Méthode de violon de Rode, Kreutzer et Baillot (Leipzig, 1814), et le livret d'Olimpia de Spontini.

Il définit la musique comme un langage supérieur à celui des mots, comme le plus romantique de tous les arts et comme une émanation de la nature qui n'a pour limite que l'infini.

C'est son œuvre littéraire, plus que son œuvre musicale, qui influença la génération des compositeurs romantiques : Schumann transposa au piano le personnage de Kreisler dans son propre Kreisleriana, et Offenbach utilisa son réalisme fantastique dans les Contes d'Hoffmann ; Berlioz lui-même, en particulier dans le « Carnaval romain » de Benvenuto Cellini, où il reprit l'intrigue de Signor Formica (extrait des Contes des frères Sérapion, Berlin, 1819-1821), ne manqua pas de s'y référer pour exalter le pouvoir de l'imagination.

PRINCIPAUX RECUEILS D'ERNST THEODOR AMADEUS HOFFMANN
1814-1815Phantasiestücke nach Callots Manier (Fantaisies à la manière de Callot), 4 volumes.
1815-1816Die Elexiere des Teufels (les Elixirs du diable), 2 volumes.
1817Nachtstücke(Contes nocturnes), 2 volumes.
1819-1821Die Serapionsbrüder (Contes des frères Sérapion), 4 volumes.
1820-1822Lebensansichten des Katers Murr (le Chat Murr) [fragment], 2 volumes parus.