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Johann Gottfried Herder

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Écrivain et poète allemand (Mohrungen, Prusse-Orientale, 1744 – Weimar 1803).

Il étudia la musique, puis la théologie à Königsberg, où il put entendre Kant et se lier avec un précurseur du Sturm und Drang, J. G. Hamann. Pasteur et professeur à Riga, il se rendit ensuite en France, où il fit la rencontre de Goethe, dont il devint le maître. Entre 1771 et 1776, il fut prédicateur à la cour de Bückebourg ; il termina sa vie à Weimar. Il fut un théoricien du Sturm und Drang dès la naissance de ce courant. Dans son ouvrage Kalligone, paru en 1800, il développa l'idée nouvelle que le sentiment participe à l'appréciation esthétique. Avec son anthologie Stimmen der Völker in Liedern (Tübingen, 1807 ; rééd., Leipzig, 1954), il affirmait que le Volkslied, unissant la puissance expressive de la poésie à celle de la musique, réalisait la forme la plus achevée de l'œuvre d'art authentique tandis que l'opéra contemporain, qui associait des textes pauvres à une musique descriptive trop rigide dans sa forme, trahissait la disparité des sentiments exprimés. Il conçut donc un drame musical dans lequel la poésie, la musique, l'action et les décors étaient étroitement unis, et il écrivit selon ce principe plusieurs livrets d'opéra, dont Brutus (1772), destiné à Gluck et mis en musique par Johann Christoph Friedrich Bach (perdu). Voulant, d'autre part, concilier l'esprit nouveau du xviiie siècle et la tradition chrétienne, il fut l'auteur de trois livrets d'oratorio mis en musique par J. C. F. Bach ­ Die Kindheit Jesu (1773), Die Auferweckung des Lazarus (1773), Der Fremdling auf Golgotha (1776, perdu) ­ et de plusieurs cantates. Considérant que la musique permet de communiquer avec l'invisible ou l'irrationnel, Herder lui accorde une place privilégiée. Il contribua à l'essor de l'esthétique et à la renaissance du lied en Allemagne, écrivit de nombreux ouvrages consacrés à la musique et eut une grande influence sur les romantiques. Parmi les musiciens, Brahms utilisera une des ballades de son recueil pour la Ballade op. 10 no 1 et Liszt composera des chœurs sur son Prométhée.