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Hambourg

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Cette grande ville portuaire de l'Allemagne de l'Ouest, patrie de naissance des compositeurs Felix Mendelssohn (1809) et Johannes Brahms (1833), fut assez tôt dans l'histoire germanique un important centre culturel en même temps que commercial. En particulier, elle posséda, de 1678 à 1738, le premier opéra allemand permanent qui présentait un répertoire en langue allemande, offrant une alternative à l'opéra italien omniprésent. Fondé par J.-A. Reinken, l'Opéra établi dans le Gänsemarkt (« marché aux oies ») joua des « singspiele » de Johann Theile, N. A. Strungk, Reinhardt Keiser, Johann Mattheson, Johann Philipp Förtsch, et aussi Georg Philipp Telemann (Der geduldige Sokrates, 1721 ; Don Quichotte, 1761), qui fut, par ailleurs, dans cette ville directeur de la musique et cantor. Haendel vint se produire à Hambourg entre 1703 et 1706, comme claveciniste et violoniste, et y fit représenter sa Passion selon saint Jean (1704), et ses premiers opéras Almira et Nero (1705). Parallèlement, l'école de musique d'orgue religieux (favorisée par le grand nombre d'églises importantes, presque toutes détruites au cours de la Seconde Guerre mondiale) brilla au xviie siècle avec Jacob II Prætorius, Heinrich Scheidemann, Matthias Weckmann, Vincent Lübeck, et Johann Adam Reinken (1623-1722). Ce dernier fut assez réputé comme virtuose et improvisateur pour que Jean-Sébastien Bach fît le voyage pour aller l'entendre à l'église Sainte-Catherine de Hambourg. Ce fut un des fils de Bach, Carl Philipp Emanuel, qui devait succéder en 1767 à Telemann comme " directeur de la musique " et cantor de plusieurs églises, faisant jouer à Hambourg la Messe en si de son père et le Messie de Haendel.

À la fin du xixe siècle et au début du XXe, le Hamburgisches Stadtheater (" théâtre municipal ") connut parmi ses directeurs musicaux Gustav Mahler (1891-1897), Erich Korngold, plus récemment, Karl Boehm (1930-1933) et Eugen Jochum (1934-1944). L'Opéra de Hambourg, rebaptisé Staatsoper (" Opéra d'État ") en 1934, est un des plus célèbres du monde. Détruit en 1943, il fut reconstruit de 1952 à 1954. Son plus célèbre intendant fut peut-être Rolf Liebermann (1959-1973), qui y mena notamment une politique hardie de créations d'avant-garde (Staatstheater de Mauricio Kagel, Kyldex, spectacle " cybernétique " de Nicolas Schöffer, Pierre Henry, Alwin Nikolaïs) avant d'être relayé par August Everding. Un incendie de décors, en 1975, causa un grave préjudice au bâtiment. De 1985 à 1988, l'intendant a été de nouveau Rolf Liebermann. Il a eu comme successeur Peter Ruzicka.

Les orchestres importants sont au nombre de trois : l'orchestre du Staatsoper qui, sous le nom de Hamburgisches Philharmonisches Orchester, joue au Musik-halle fondé en 1908(Eugen Jochum et Joseph Keilberth furent parmi ses chefs permanents) ; l'orchestre de la Nordwestdeutsche Rundfunk (" chaîne de radio principale du Nord-Ouest "), repris et réorganisé en 1945 par Hans-Schmidt Isserstedt, et, enfin, le Hamburgisches Symphonisches Orchester. Les grands centres d'enseignement musical sont la Staatliche Hochschule für Musik (" école supérieure de musique ") et la chaire de musicologie à l'université.

En résumé, si Hambourg fut au xviie siècle une sorte de capitale musicale de l'Europe du Nord, il n'est peut-être plus aujourd'hui, malgré Liebermann, un centre de création aussi important que Cologne ou Berlin.