En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

saint Grégoire Ier le Grand

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

(Rome vers 540 – id. 604).

Pape de 590 à 604 après avoir été à Constantinople légat de son prédécesseur Pélage II, et à Rome secrétaire du Saint-Siège et abbé du monastère fondé par lui dans sa propre maison du mont Cœlius. Il était donc, lorsqu'il accéda au pontificat, familiarisé avec tous les aspects de la musique liturgique, y compris ses variantes orientales. On ne trouve pourtant trace de questions musicales dans aucun de ses actes pontificaux, qui sont presque tous conservés. La tradition n'en a pas moins fait de lui le créateur du « chant grégorien ». Les érudits n'ont cessé de discuter sur ce qu'a pu être, en réalité, le rôle en l'occurrence de saint Grégoire : on ne peut trancher le débat, mais il apparaît très vraisemblable que, si son influence a pu être déterminante dans la fixation du répertoire, il n'a jamais joué un rôle ni de technicien ni a fortiori de compositeur. Ce que l'on peut dire, c'est que l'unification des usages ecclésiastiques était l'une des préoccupations essentielles de son règne, et que l'unification du chant liturgique devait assez normalement y prendre place. Elle devait être incluse notamment dans la réforme disciplinaire générale qu'il chargea son délégué Augustin d'introduire en Grande-Bretagne, et c'est le chant « unifié » sur la base des usages romains qui, sous le couvert de son autorité, fut désigné plus tard comme « chant grégorien ». La tradition qui plaça le nom de saint Grégoire à l'origine du chant « grégorien » n'apparut que trois cents ans après sa mort chez le chroniqueur Jean Diacre (v. 873), puis au début du xie siècle chez un sermonnaire aquitain sujet à caution, étant connu ailleurs comme mythomane, Adémar de Chabannes : l'expression « chant grégorien » appliquée à l'ensemble du répertoire est plus récente encore. Jean Diacre attribuait cependant à saint Grégoire la mise en ordre du graduel (centonibus compilavit) et la création à Rome d'une école de chant religieux, la Schola cantorum, prototype de toutes les maîtrises ultérieures ; Adémar plaça dans la bouche de Charlemagne la phrase restée célèbre : Revertimini vos ad fontem sancti Gregorii, quia manifeste corrupistis cantum (« retournez à la source de saint Grégoire, car il est évident que vous avez corrompu le chant »). Il mentionnait aussi un Livre de chant selon saint Grégoire qui aurait servi de base aux missions musicales des envoyés de l'Empereur, notamment à Metz et à Soissons. Il est probable cependant que le nom de saint Grégoire a été utilisé en l'affaire davantage comme caution de prestige que comme témoignage historique de paternité.