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Claude Goudimel

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur français (Besançon v. 1520 – Lyon 1572).

On ne sait rien sur sa jeunesse ni sur sa formation. En 1549, il est étudiant à Paris où l'éditeur de ses premières chansons, N. Du Chemin, l'engage bientôt comme correcteur (1551), puis le prend comme associé (1552-1555). Goudimel exerce sur les choix de cette maison d'éditions une influence considérable qui reflète ses rapports personnels avec le cercle humaniste de Jean de Brinon, dans lequel il fréquente Ronsard. Plus tard, il se met en relation avec le poète humaniste allemand Paul Schedius, dit Melissus. Goudimel semble d'ailleurs avoir été la cheville ouvrière du supplément musical des Amours de Ronsard (1552), auquel participent également Janequin, Certon et Muret ; il y met en musique l'Ode à Michel de l'Hospital, l'Hymne sur la mort de Marguerite de Valois et le sonnet Quand j'aperçois ton beau chef jaunissant. À partir de 1557, il vit à Metz, protégé par le maréchal de Vielleville, et se consacre presque exclusivement à la mise en musique du Psautier huguenot. Ayant quitté Metz pour Lyon, il y meurt le 28 août 1572, victime des massacres de la Saint-Barthélemy.

Avant de devenir ce musicien protestant intransigeant qu'on connaît, Goudimel a publié des chansons profanes (une soixantaine) ou spirituelles (19, sur des textes de Muret, perdues) et un recueil d'Odes d'Horace (disparu). Certaines gaucheries que l'on peut constater dans son écriture semblent naître du souci excessif d'expressivité à toutes les voix, et ce, à une époque où l'influence italienne ne s'est pas encore fait sentir. Goudimel est plus à son aise dans le genre élégiaque. Ses autres œuvres sont d'inspiration religieuse (3 magnificat, 10 motets à 4 ou 5 voix, 5 messes). Toutefois, quatre de ces messes ont pour cantus firmus des thèmes de chansons (De mes ennuys, Le bien que j'ai par foy d'amour conquis, Tant plus je mets) et prolongent sur le plan stylistique Josquin Des Prés et sa messe Pange lingua. Mais l'essentiel de son œuvre et de son renom est constitué par les quatre versions polyphoniques des Psaumes, mis en vers par Marot (pour 49 d'entre eux) et par Théodore de Bèze (pour 101). En 1549, Goudimel voit chez Du Chemin les Psaumes de Janequin, et c'est peut-être ce qui l'incite à écrire deux ans plus tard ses Huit Livres de psaumes en forme de motets (1551-1566), qui sont des compositions de grande envergure (à 4, 5 ou 6 parties). Goudimel y fait œuvre originale en n'utilisant pas les mélodies traditionnelles, contrairement à ses Quatre-vingt-trois Psaumes de David à 4 parties (1562), qui sont des harmonisations des mélodies de Genève de 1551. Les 150 psaumes de 1564, un ouvrage significatif de l'hymnologie pratique, sont traités à 3 parties, note contre note. Le traitement syllabique, une trame polyphonique très serrée et une tendance au verticalisme avec une prédilection pour les harmonies d'accords parfaits et d'accords de sixtes, confèrent à l'ensemble de cette première version un style dépouillé, grave et religieux. L'écriture de Goudimel s'assouplit cependant dans la seconde version complète des Psaumes, écrite à 4 voix en 1568 et qui fait appel au contrepoint fleuri.