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Carlo Goldoni

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Auteur dramatique italien (Venise 1707 – Paris 1793).

Initialement juriste, et bien qu'ayant passé ses trente dernières années à Paris ou à Versailles, cet écrivain laisse son nom essentiellement attaché à la comédie vénitienne, genre dans lequel il eut pour rival tardif, mais tenace, Carlo Gozzi (1720-1806), qui inspira aussi de nombreux musiciens. La verve inépuisable de Goldoni, son langage très quotidien, son goût des situations apparemment comiques voilant mal un tragique insoupçonné, se retrouvent dans ses pièces de théâtre, mais également dans les poèmes qu'il écrivit à l'intention de compositeurs de son temps ­ et notamment à celle de Galuppi ­ qui mirent directement ses textes en musique sans passer par l'intermédiaire habituel du livret d'opéra, cette pratique devançant de plus d'un siècle le « litteratüroper » des auteurs de la fin du xixe et du xxe siècle.

Fasciné dès son enfance par le théâtre de marionnettes, lassé par la tragédie, puis happé par les imprésarios de la commedia dell'arte, Goldoni dépassa vite ce dernier genre pour créer des personnages véritablement humains, taillés dans le vif, s'exprimant souvent en langage populaire, mais ayant une tout autre consistance. Sa collaboration avec les musiciens commença indirectement avec Gluck (Tigrane, 1743), se poursuivit avec Ciampi (1748), mais trouva son plein épanouissement grâce à Baldassare Galuppi pour lequel il écrivit L'Arcadia in Brenta (1749), Il Mondo della luna (1750), Il Filosofo di campagna, le chef-d'œuvre du musicien (1754), puis Le Nozze, etc. Cependant qu'il écrivait encore pour Giuseppe Scarlatti, Bertoni, Fischietti, Scolari, Traetta (Buovo d'Antona, 1758), Gassmann, Lampugnani, Boroni, Sarti, etc., sa collaboration avec Piccinni fut également déterminante, puisque La Buona Figliuola, d'après Pamela (1761), confirmait la naissance du nouveau genre comico-sentimental de l'opera semi-seria. Ses poèmes furent, en outre, utilisés par Haydn (Lo Speziale, 1768, Le Pescatrici, 1769, Il Mondo della luna, 1777), cependant qu'ils étaient aussi réadaptés par divers poètes, dont Bertati, Coltellini (La Finta semplice, Mozart, 1768), ou Da Ponte pour Sarti, Martin Y Soler, Salieri, Paisiello, Cimarosa, etc. Avec environ cent soixante-dix opéras italiens inspirés de son œuvre, Goldoni surclasse de très loin tous les autres poètes du genre léger, fournissant, de plus, des textes d'une qualité très supérieure à celle des habituels livrets d'opéra. Quelque peu négligé au xixe siècle, sinon par Raimondi, Pedrotti et Usiglio (Le Donne curiose, Madrid, 1879), il revint à l'honneur au xxe siècle par le truchement de nouveaux librettistes qui fournirent des poèmes notamment à Wolf Ferrari (Le Donne curiose, I Quattro Rusteghi, Gli Amanti sposi, La Vedova scaltra, Il Campiello), à Malipiero (La Bottega del caffè, Sior Todero Brontolon, Le Baruffe chiozzotte, 1926) ainsi qu'à Maurice Thiriet (La Locandiera, Paris, 1960).