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Vinko Globokar

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur et instrumentiste yougoslave (Anderny, Meurthe-et-Moselle, 1934).

Après plusieurs années passées en France, il se rend en Yougoslavie avec ses parents (1947) et poursuit ses études scolaires et musicales à Ljubljana. Dès 1955, il rentre en France. Inscrit au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, en classe de trombone, il remporte le premier prix en 1959. Il complète sa formation d'instrumentiste en suivant des cours de composition et de direction d'orchestre avec René Leibowitz.Depuis 1968, il assume une carrière d'enseignant (professeur de trombone à la Staatliche Hochschule für Musik de Cologne et de composition aux Kölner Kurse für Neue Musik), d'instrumentiste et de compositeur. En 1969, Globokar fonde le New Phonic Art Ensemble avec Carlos Roque-Alsina, Jean-Claude Drouet et Michel Portal. Cet ensemble, constitué de solistes virtuoses, a pour vocation la promotion de nouvelles formes musicales et de techniques de jeu telle l'improvisation.Vinko Globokar fait partie de cette nouvelle génération de musiciens pour qui la pratique musicale correspond à une activité globale, le travail de composition étant indissociable de celui d'interprète. Sa formation de virtuose lui permet d'aborder la composition d'une manière spécifique, d'introduire dans son projet compositionnel une attention particulière à l'instrument, mais aussi à l'instrumentiste, aux rapports intimes qui naissent entre eux.Mais, si Vinko Globokar n'a pas écrit de théâtre musical à la manière de Mauricio Kagel, de Dieter Schnebel ou de Michel Puig, il a pourtant été de ceux qui ont permis, par leur démarche, d'envisager les implications visuelles et gestuelles de l'instrument dans sa relation à l'espace. La virtuosité instrumentale, toujours présente dans ses œuvres, n'est pas simplement une habileté mécanique : il s'agit bien pour lui de laisser transparaître sous le jeu instrumental sa propre sensibilité tactile ainsi que de multiplier les voies d'approche du corps instrumental. Aussi son répertoire est-il particulièrement riche et varié. Plusieurs de ses œuvres posent les rapports entre interprètes comme des entrecroisements de données, non seulement musicales mais psychosociales ; c'est, par exemple, le cas de Traumdeutung (1967), psychodrame pour 4 chœurs sur le texte d'Edoardo Sanguinetti, ou de Drama (1971), qui concrétise une sorte de psychodrame entre un pianiste et un percussionniste. La situation engendrée par les rapports qui peuvent s'instaurer entre le soliste et l'ensemble des instrumentistes est particulièrement exploitée dans Ausstrahlungen (1972), pour soliste et 20 musiciens ; pour Globokar, en effet, rien de cet ensemble de composantes que constitue le jeu musical ne doit être écarté. L'orchestre étant, au fond, une microsociété régie par des règles et des codes, les fonctions professionnelles qui s'établissent nécessairement entre ses citoyens doivent entrer dans le jeu au même titre que les éléments purement musicaux (par exemple, dans Concerto grosso [1969-70] pour 5 solistes instrumentaux, chœurs et orchestre). On lui doit encore Monolith pour flûte (1976), Un jour comme un autre, œuvre de théâtre musical créée à Avignon en 1979, Miserere pour 5 récitants, 3 groupes instrumentaux et orchestre (1982), Réalités/Augenblicke pour film, diapositives, bande et 5 chanteurs (1984), Sternbild der Grenze, pièce de théâtre musical d'après Peter Handke (créé à Metz en 1985), les Émigrés (Bonn 1987, version intégrale Radio France 1990).

Pour Vinko Globokar comme pour toute une tendance actuelle de la jeune musique, l'instrument est considéré comme un potentiel acoustique à explorer par-delà les conventions et hiérarchies de valeurs. Les difficultés qui surgissent dans les partitions ne peuvent plus être considérées comme insurmontables. Au contraire, la virtuosité doit se donner comme un élément intégrant de la composition elle-même.

Aussi Globokar a-t-il été investi jusqu'en 1980, au sein de l'I. R. C. A. M., de la responsabilité du département chargé de l'exploration des nouvelles ressources instrumentales et vocales en collaboration avec des acousticiens et des physiologues. À ces problèmes se sont ajoutés ceux de l'étude de la notation et de la codification des nouvelles partitions, de la lutherie et de ses prolongements électroacoustiques, et de la tradition orale.