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Aleksandr Konstantinovitch Glazounov

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur russe (Saint-Pétersbourg 1865 – Paris 1936).

Descendant d'une des plus anciennes familles d'éditeurs russes, Glazounov s'avère un enfant précocement doué pour la musique. Sans avoir jamais fréquenté aucun conservatoire, il apprend en deux ans l'harmonie et les techniques de la composition sous la direction de Rimski-Korsakov. Il a seize ans lorsque Balakirev dirige à Saint-Pétersbourg sa première symphonie, qui lui vaut par ailleurs les encouragements de Liszt. La même année (1882) voit la création de son premier quatuor à cordes. Glazounov est accueilli chaleureusement dans le cénacle de Belaiev, riche mécène et mélomane qui va devenir rapidement son plus fervent admirateur. En 1884, Belaiev crée les Concerts symphoniques russes pour faire jouer en priorité les œuvres de Glazounov, puis il fonde en 1885 les éditions Belaiev à Leipzig pour les publier. En 1887-88, Glazounov aide Rimski-Korsakov à achever le Prince Igor de Borodine, dont il orchestre aussi la troisième symphonie. En 1889, il participe, avec Rimski-Korsakov, aux concerts de musique russe de l'Exposition universelle à Paris, où il revient en 1907 lors des concerts organisés par Diaghilev. En 1896, il dirige ses œuvres en Angleterre, ayant reçu entre-temps la commande d'une Marche triomphale pour l'Exposition universelle de Chicago. Institué à la mort de Belaiev (1903) administrateur de toutes ses fondations, il en devient président en 1908. À partir de 1899, il enseigne au conservatoire de Saint-Pétersbourg, dont il devient directeur après les événements de 1905. Il restera à ce poste jusqu'en 1928, faisant preuve d'une admirable générosité envers les étudiants matériellement défavorisés. Émigré en 1928, Glazounov s'installe à Paris et effectue des tournées en Europe et aux États-Unis. Il fait la connaissance de Marcel Dupré et lui dédie sa dernière œuvre, la Fantaisie pour orgue. Il meurt en 1936, le jour même où un concert de ses œuvres doit être donné par l'orchestre Lamoureux. En 1972, ses cendres seront exhumées du cimetière de Neuilly et transportées à Leningrad.

La puissance créatrice de Glazounov ne se ralentit qu'à la fin de sa vie et s'exerce dans presque tous les genres. Au début de sa carrière, sous l'influence nationaliste du groupe des Cinq, il écrit des œuvres d'inspiration russe : les poèmes symphoniques Stenka Razine (1885), la Mer (1889), le Kremlin (1890), le Printemps (1891). En 1889, les Français le trouvent plus russe que Tchaïkovski. Il contribue, d'autre part, à élargir le répertoire de la musique de ballet : en 1897, Raymonda est créé à l'Opéra impérial de Saint-Pétersbourg dans une chorégraphie de Marius Petipa. L'année suivante, il écrit Ruses d'amour et les Saisons (création en 1900). En 1907, il orchestre pour Diaghilev la suite Chopiniana, qui devient en 1909 les Sylphides, et, en 1910, fait un arrangement orchestral du Carnaval de Schumann.

Glazounov est l'un des rares Russes à n'avoir pas écrit d'opéras. C'est surtout dans le domaine de la musique pure qu'il s'exprime avec une aisance remarquable : 8 symphonies, 7 quatuors, 5 concertos (pour violon, pour piano, pour violoncelle, pour saxophone). Il reçoit dix-sept fois le prix Glinka destiné à couronner les œuvres symphoniques. Les problèmes de développement de thèmes, les rythmes, l'écriture polyphonique le passionnent, et la richesse de son orchestration surpasse parfois celle de Rimski-Korsakov. Mais Glazounov est un compositeur foncièrement académique, réfractaire à toute forme d'évolution du langage musical. Cependant, chacune de ses nouvelles œuvres est accueillie comme un événement, car sa maîtrise est ressentie comme un aboutissement de la musique russe et surtout comme une fusion des styles des écoles de Saint-Pétersbourg (nationalisme) et de Moscou (occidentalisme). Par les influences (Chostakovitch, Tcherepnine, Miaskovski) ou les réactions (Prokofiev, Stravinski) qu'il provoquera, il joue un rôle important à une époque où la musique russe cherche son second souffle.