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Orlando Gibbons

Orlando Gibbons, Madrigals and Mottets [...] for Viols and Voyces
Orlando Gibbons, Madrigals and Mottets [...] for Viols and Voyces

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur anglais (Oxford 1583 – Canterbury 1625).

Il est le fils de William et Mary Gibbons. Son père est l'un des city waits (« musiciens municipaux ») de la ville de Cambridge depuis 1567. Ses frères, Edward, Ellis et Ferrando, sont également des musiciens de métier. En 1596, il entre dans les chœurs de la chapelle de King's College. En 1605, il est nommé au poste prestigieux d'organiste de la chapelle royale, qu'il conserve toute sa vie. L'année suivante, il est élu Bachelor of Music de l'université de Cambridge et épouse Elisabeth Patten, fille d'un officier de la chapelle royale. L'héritage de son beau-père va plus tard s'ajouter aux revenus qu'il reçoit pour son poste d'organiste et aussi comme membre des Musicians for the virginalls de la Chambre du roi à partir de 1619. En 1622, il est nommé Doctor of Music à l'université d'Oxford. Il succède ensuite à John Parsons comme organiste de l'abbaye de Westminster (1623). Il ne lui reste alors plus que deux années à vivre, mais il a l'occasion d'organiser les solennités musicales des funérailles de Jacques Ier en avril 1625 et d'en préparer d'autres pour l'arrivée de la nouvelle reine d'Angleterre, Henriette-Marie de France. Mais il est soudainement frappé d'apoplexie le 5 juin. Il est enterré dans la cathédrale de Canterbury au moment précis où toute la cour est assemblée pour célébrer le mariage de Charles Ier.

L'œuvre d'Orlando Gibbons, par sa qualité, peut se comparer à celle de William Byrd. Comme ce dernier, il se distingue surtout par sa musique religieuse et par ses pièces pour le clavier, quelques-unes paraissant dans le recueil Parthenia (v. 1613). Il a composé environ quarante anthems, mais, contrairement à la plupart de ses contemporains, il n'écrit pas sur des paroles latines, se consacrant uniquement au rite anglican. À l'exception de deux anthems (publiés dans Teares or Lamentacions of a Sorrowful Soule par W. Leighton, 1614), aucune de ces œuvres religieuses n'est publiée de son vivant. Certaines sont des verse anthems, écrites dans le style polyphonique pour chœurs, mais avec des interventions solistes et pourvues d'un accompagnement pour l'orgue ou pour les violes ; d'autres sont destinées à des chœurs seulement comme, par exemple, l'impressionnant édifice polyphonique à 8 voix : O clap your hands. Son recueil Madrigals and Motets of 5. Parts : apt for Viols and Voyces (1612) contient le célèbre madrigal d'une simplicité émouvante The Silver Swan, exploitant le thème du cygne dans la musique, populaire depuis le Moyen Âge. La dernière pièce, Trust not too much, renferme une étonnante série de pédales harmoniques (sweet violets).

La participation de Gibbons aux Cries of London, aux côtés de Weelkes et Dering, illustre encore un autre aspect de son talent et appelle la comparaison avec les Cris de Paris de Cl. Janequin. Dans le domaine de la musique instrumentale, en dehors d'un grand nombre de pièces pour le clavier (Fantasies, Pavans, Galliards), qui témoignent des capacités techniques de l'un des plus grands virtuoses de l'époque, il a signé des œuvres pour le consort (notamment les violes), dont vingt-huit Fantasies de 2 à 6 parties (surtout à 3) et cinq In nomine. Neuf de ces fantaisies sont publiées en 1620.