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Gagliano

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Famille de musiciens italiens.

Marco Zanobi, dit da Gagliano (Florence 1582 – id. 1643). Il est ordonné prêtre et devient l'élève de Luca Bati, maître de chapelle de San Lorenzo de Florence (1595-1608) avant de prendre sa place à sa mort. En 1611, il est musicien attitré du grand-duc de Toscane et, tandis qu'il s'élève régulièrement dans la hiérarchie ecclésiastique, il fonde en 1607 l'Accademia degl'Elevati, qui, comme celle du comte Bardi, réunit chanteurs, compositeurs et amateurs. À partir de 1607, il est protégé du cardinal Ferdinand de Gonzague avec lequel il entretient une intéressante correspondance parvenue en partie jusqu'à nous. En décembre de cette même année, il se rend à Mantoue pour y faire représenter La Dafne, son premier opéra, jugé par Jacopo Peri la meilleure mise en musique jamais tentée du poème de Rinuccini. Cette œuvre courte contient en particulier des danses fort attrayantes, et sa préface rédigée pour la publication reste un document fondamental sur l'opéra à ses débuts. Gagliano y combat notamment le goût des prouesses vocales et exige une parfaite diction de ses chanteurs. Il y manifeste la plus grande admiration pour les opéras de Peri ainsi que pour l'Arianna (1608) de Monteverdi. Il précise quels sont les usages instrumentaux en matière d'accompagnement et recommande l'emploi d'une sinfonia préliminaire… pour obtenir le silence du public. Il semble que La Dafne de Gagliano ait été donnée ensuite à Florence au cours du carnaval de 1610.

Après avoir composé à Mantoue une série d'œuvres pour la semaine sainte, Gagliano revient à Florence en avril 1608. Puis, de nouveau à Mantoue, il travaille sur L'Idropica, (Guarini) aux côtés de Monteverdi, S. Rossi, Gastoldi. À Florence, il compose, pour les cérémonies du mariage de Ferdinand Gonzague avec une Médicis (1616), une sorte d'allégorie mythologique célébrant l'union du sang des deux maisons (La Liberazione di Tirteco e d'Arnea autori del sangue toscano). En 1624 et 1626, suivent deux oratorios sacrés (mais représentés sur scène), dont la musique n'a pas été conservée (La Regina Sant'Orsola et Istoria di Judit). On possède une partie du livret et de la musique d'un dernier opéra, La Flora, représenté à l'occasion du mariage du duc de Parme (Farnèse) et de Marguerite de Médicis (1628) au palais Pitti.

En dehors des Responsoria publiées à Venise en 1630, on ne sait plus rien de l'activité ultérieure de Gagliano. On pense que, après 1624, sa santé, qui avait toujours été fragile, l'empêcha de poursuivre ses activités. Il est enterré à San Lorenzo de Florence le 26 février 1643. Très sévère pour lui-même, il n'avait publié que peu d'œuvres. Dans le domaine du madrigal, il laisse 6 livres à 5 voix. Les Musiche a 1 – 3 voci contiennent quelques morceaux admirables d'une grande expressivité. La monodie à voix seule, Valli profonde, doit être considérée comme une des plus réussies de tout le répertoire de l'époque.

Giovanni Battista Zanobi, dit da Gagliano, frère du précédent (Florence 1594 – id. 1651).Il remplaçait son aîné Marco à San Lorenzo de Florence lorsqu'il s'absentait, ou était écarté de l'office par sa santé fragile, et lui succéda à sa mort en 1643 comme maître de chapelle à la cathédrale et à la cour. Contrairement à son frère, il n'était pas prêtre. Il n'est guère cité dans les histoires de la musique que pour avoir participé (avec Caccini) à la composition d'une Rappresentazione di Martirio di Santa Agata donnée à San Giorgio de Florence le 10 février 1622, avant d'être reprise le 22 juin suivant chez le cardinal de Médicis. La musique de cet oratorio est perdue.