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Joseph, baron von Eichendorff

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Écrivain et poète allemand (Lubowitz, haute Silésie, 1788 – Neisse 1857).

Après les « classiques de Weimar (Goethe, Hölderlin, Schiller) et l'école d'Iéna (les frères Schlegel, Tieck, Novalis), la vie littéraire allemande éclate brutalement, au moment où Napoléon met fin au Saint Empire romain germanique (1806). Alors, tandis que Goethe vieillit et que Jean Paul, autre splendide isolé, poursuit une création loin des modes, se développent plusieurs foyers culturels préoccupés de dégager une germanité spirituelle prenant sa source aux plus anciennes fontaines. Le groupe dit « de Heidelberg » est de ceux-là, qui réunit les frères Grimm avec leurs contes, Arnim et Brentano, collectionneurs des chants populaires qui donneront Des Knaben Wunderhorn, ainsi que, de manière épisodique, quelques poètes comme Eichendorff, avec lesquels meurt doucement le romantisme.

Eichendorff, dont la production est tout aussi abondante que variée, tourne le dos aux fantômes tragiques ou grotesques de ses prédécesseurs, pour se plonger dans les souvenirs de son enfance. Par-delà les crises de l'âme ou du corps, c'est bien vers le foyer originel qu'il retourne, source de sa vie et de ses impressions. Il pense ainsi mettre un terme à l'agitation, inquiète sans doute mais trop mondaine, qu'il contemple autour de lui.

Mais, pour originale qu'elle soit, son inspiration ne se renouvelle guère. On en voit bien les limites et le talent dans ses nouvelles (Die Zauberin im Herbste, das Marmorbild, et même le Taugenichts et Ahnung und Gegenwart), où les conflits traditionnels du héros romantique se résolvent dans l'appel à de fortes certitudes morales et religieuses. En outre, la prose, chez lui, n'est qu'un prolongement du lyrisme, sans véritable construction dramatique. Au contraire, il excelle à peindre, avec une certaine indolence, les aspirations vagues de l'adolescence, un goût du lointain, tempérés par une lassitude qui se confond avec le retour au père (qui, pour ce croyant serein, est aussi le Père).

En définitive, la musique a beaucoup fait pour la postérité d'Eichendorff : Brahms, au meilleur de son inspiration, Wolf (vingt lieder), peut-être trop inquiet, et Schumann, dans le remarquable Liederkreis op. 39, y ont trouvé les échos d'une nature divinisée, consolatrice idéale de ceux qui souffrent.