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John Dunstable

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur, astronome et mathématicien anglais ( v. 1385 – Londres 1453).

On possède fort peu de renseignements sur lui. Sans doute fut-il associé à la vie musicale de l'abbaye de Saint-Alban, près de Londres. Un de ses précieux livres sur l'astronomie (manuscrit conservé à Cambridge) révèle un détail important : Dunstable fut le musicien du duc de Bedford, régent de France après la mort du roi Henry V en 1422. Cela explique que la plupart de ses œuvres sont contenues dans des manuscrits continentaux. Le mariage du duc de Bedford avec la sœur de Philippe le Bon lia les Anglais aux Bourguignons et permit à Dunstable de rencontrer Binchois et Dufay. L'influence de l'école anglaise s'exerça ainsi sur les musiciens français. La réputation de Dunstable fut considérable en son temps, et le poète Martin Le Franc écrivit, dans le Champion des Dames, qu'« ilz… (Dufay et Binchois)… ont prins de la contenance Angloise et ensuy Dunstable Pour quoi merveilleuse plaisance Rend leur chant joyeuse et notable ».

Une cinquantaine de compositions de Dunstable ont été conservées, dans lesquelles il est possible de discerner le mélange des styles anglais et français car, il faut le souligner, le musicien n'a pas dédaigné de son côté ce qu'un homme plus jeune comme Guillaume Dufay pouvait lui apporter. M. Bukofzer a énuméré les différentes techniques qu'on peut remarquer dans l'œuvre de Dunstable : déchant anglais, style ballade, style gymel, motet isorythmique, pièces ayant une voix supérieure très ornée, traitement libre dans toutes les voix, double structure. Cette œuvre, avec son aspect chaleureux et mélodique issu de la chanson bourguignonne, comprend des motets à 3 voix ­ comme l'élégant Quam pulchra es d'une séduisante naïveté ­ et à 4 voix ­ comme le motet isorythmique Veni sancte Spiritus pour lequel deux textes sont employés. Elle inclut également des fragments de messes, ainsi qu'une version polyphonique du Magnificat. Trois chansons à 3 voix subsistent, dont Durez ne puis. Des deux autres, d'authenticité douteuse, le célèbre O rosa bella se trouve dans dix-sept manuscrits et son texte incite à se demander si Dunstable n'aurait pas visité l'Italie.

Contemporain de Lionel Power, de Johannes Benet et de Bedingham, John Dunstable fut le plus grand compositeur anglais de sa génération. Le fameux théoricien Tinctoris devait le qualifier de primus inter pares estimant qu'il était un important novateur et que l'œuvre des musiciens anglais de cette époque était digne de l'expression ars nova.