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Dowland

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Famille de musiciens anglais.

John, luthiste et compositeur (Londres 1563 – id. 1626). On ne sait rien de ses premières années ni de sa formation musicale. Après la mort de son père en 1577, il entra au service de sir Henry Cobham, qu'il accompagna à Paris lorsque celui-ci y fut nommé ambassadeur d'Angleterre (1580). Pendant son séjour dans la capitale française, Dowland se convertit au catholicisme. De retour en Angleterre, il se maria. L'université d'Oxford lui décerna le titre de Bachelor of Music (1588), de même que l'université de Cambridge (av. 1597). Dowland essaya d'obtenir un poste officiel à la cour, mais sa religion empêcha cette nomination (« My religion was my hindrance. »).

Déçu, il décida de partir, d'abord pour l'Allemagne, sur l'invitation du duc de Brunswick. De là, après avoir visité les cours de Wolfenbüttel et de Hesse, il voyagea en Italie, à Venise où il rencontra Giovanni Croce qu'il admirait beaucoup, puis à Padoue, Gênes, Ferrare et Florence. Il sollicita les conseils de Luca Marenzio à Rome et publia une des lettres du maître dans la préface de son First Booke of Songes or Ayres (1597) ; Marenzio se montra disposé à l'accueillir, mais on ignore si cette rencontre eut lieu. En tout cas, Dowland quitta rapidement Florence où des catholiques anglais en exil voulurent le mêler à un complot contre la reine Élisabeth. Désireux de revoir sa famille, il écrivit au chancelier d'Angleterre, sir Robert Cecil, qui avait signé son permis de voyage. Passant de nouveau par l'Allemagne, il reçut une lettre de Henry Noel qui le pressait de rentrer en Angleterre, puisqu'il pouvait enfin y espérer un poste à la cour. Le destin en décida autrement, et, en 1598, il fut nommé luthiste du roi Christian IV de Danemark.

Outre une courte visite en Angleterre (1604-1605), Dowland demeura à l'étranger jusqu'en 1606, date à laquelle il fut renvoyé de Copenhague en raison de sa mauvaise conduite. Entre-temps, il publia ses deuxième et troisième livres d'Ayres (1600-1603). Installé à Londres, il devint, en 1612, l'un des King's Musicians for the Lutes et fit paraître la même année sa dernière œuvre, A Pilgrimes Solace, recueil d'airs contenant une pièce sur un texte italien (Lasso vita mia) et quelques airs de dévotion admirables. Entre 1622 et 1623, il entreprit un autre voyage à l'étranger. Sa réputation de luthiste virtuose et de chanteur, interprète de ses propres airs, répandue dans toute l'Europe, finit par gagner l'Angleterre. À partir de 1621 ­ il figura ainsi sur le registre de l'état civil à Sainte-Anne de Blackfriars ­, il eut droit au titre de Doctor.

Dowland est, sans nul doute, le plus grand compositeur d'ayres au luth pendant la courte période ­ 1597-v. 1630 ­ où le genre connut une immense faveur en Angleterre. Si plusieurs courants stylistiques ont marqué son œuvre, l'ayre est surtout issu de l'air de cour français que Dowland avait certainement entendu à Paris (G. Tessier, P. Guédron), dont des éditions circulaient aussi outre-Manche et dont les textes originaux étaient souvent traduits. Comme son modèle, l'ayre se rattache à la Renaissance et non à la monodie naissante venue d'Italie. Il peut être interprété par une voix soliste accompagnée au luth (et à la viole) ou par un ensemble de violes, ou encore par un quatuor vocal (Ayres for Four Voices), avec ou sans accompagnement instrumental, le choix restant libre. En revanche, dans le domaine de l'harmonie, Dowland se montre en avance sur ses collègues français, de même que dans la complexité de son écriture pour le luth.

En bon humaniste, il se révèle particulièrement sensible à l'atmosphère de chaque texte qu'il met en musique ; son génie mélodique et rythmique lui permet de traduire chaque vers à la perfection. La forme de ses ayres est généralement strophique (le chanteur doit introduire un choix d'ornements discrets selon les sentiments exprimés et afin de varier les autres strophes) ; parfois, il emploie une mélodie continue, comme dans In darkness let me dwell. « Semper Dowland semper dolens », il excelle dans les pièces mélancoliques (I saw my lady weep ; Go crystal tears). Parfois, il compose un air sur un rythme de danse, par exemple, la gaillarde Awake, sweet love, thou art returned ; il peut aussi reprendre, comme bien d'autres, les cris de la ville (Fine Knacks for Ladies).

Dowland a laissé une quantité de belles pièces pour luth seul (galliards, pavanes, fantaisies, etc.), dédiées souvent à des personnalités connues (The Earl of Derby's Galliard ; Sir John Smith his Almaine ; Mrs. Winter's Jumpe, etc.). Enfin, de 1604 datent les célèbres Lachrymae, série de 21 danses à cinq parties avec luth. Mais, malgré la qualité de cette œuvre instrumentale, ce sont surtout les Ayres qui constituent un événement de première importance dans l'histoire de la musique vocale.

Robert, luthiste anglais (Londres 1586 – id [?] 1641). Fils du précédent, il prit la suite de son père à la cour de Charles Ier. Il composa quelques pièces pour luth et publia, en 1610, deux anthologies : A Musicall Banquet (airs de plusieurs pays dont la France) et Varietie of Lute-Lessons (pièces pour luth et deux commentaires sur cet instrument).