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Henry Dixon Cowell

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur américain (Menlo Park, Californie, 1897 – Shady Hill, New York, 1965).

Violoniste, puis pianiste, il s'imposa dans les années 20 comme l'un des principaux représentants, avec Edgar Varèse, Charles Ives et Carl Ruggles, des tendances avant-gardistes de la musique de son pays. Dès sa première apparition en public (1912), il fit scandale avec des pièces comme The Tides of Manaunaun, où sont juxtaposés un matériau thématique néoromantique et des notes agglomérées (tone-clusters), obtenues en frappant le clavier de la paume de la main ou de tout l'avant-bras. Il poussa plus loin cette technique dans Advertisement (1914).

Mais son élargissement des possibilités du piano ne se limita pas aux clusters : Aeolian Harp (1923), The Banshee (1925) et Sinister Resonance (1925) en utilisent les cordes selon une technique plus ou moins violonistique, et annoncent par là les pièces pour instrument préparé de John Cage. Précurseur original et audacieux, il écrivit un morceau pour piano, Fabric, qui témoigne de l'intérêt que, dès 1914, il porta aux problèmes de rythme : convaincu que les factures polyrythmiques qu'il envisageait dépassaient les capacités humaines, il conçut et construisit, en collaboration avec Léon Theremine, un instrument à clavier-percussion pouvant produire les combinaisons rythmiques les plus complexes, le rythmicon, et l'utilisa en combinaison avec l'orchestre, en particulier dans Rhytmicana (1931). Il fut également, avec ce qu'il appela la « forme élastique », un pionnier de l'aléatoire : ainsi dans Mosaic (1934), troisième de ses cinq quatuors à cordes. Ses origines californiennes furent une des raisons de son goût pour les cultures et les musiques de l'Asie, dont il utilisa avec bonheur les rythmes, les échelles, les tournures mélodiques. Il ne négligea pas pour autant le passé musical américain, les vieilles ballades et les anciens airs fugués de la Nouvelle-Angleterre ; dans Tales of our Countryside (1939), ou dans le cycle Hymns and Fuguing Tunes (1944-1964), au style coloré et direct, il chercha à étendre à une forme plus moderne certains éléments de base de cette musique. Cowell fut tantôt un musicien d'avant-garde, tantôt un musicien traditionnel, mais il sut soigneusement séparer ces deux traits de sa personnalité.

Ami de Berg et de Bartók, conférencier et pédagogue, Cowell enseigna à la Stanford University, à la New School for Social Research et aux universités de Californie et Columbia : parmi ses élèves, George Gershwin et John Cage. On lui doit quelques écrits, à la tête desquels New Musical Resources (1930, rééd. 1969). Défenseur de la musique d'autrui, il fonda en 1927 New Music Quarterly, société pour la publication d'œuvres contemporaines ­ Ives, Ruggles, Thomson, mais aussi Webern et Schönberg ­, dont le catalogue fut repris dans les années 60 par Theodor Presser.

Sa production relativement abondante comprend notamment vingt symphonies (1918-1965), des pages pour orchestre comme Vestiges (1924), Synchrony (1930) ou Old American Country Set (1937), des concertos (piano, harpe, percussion, harmonica, koto japonais, etc.), de la musique de chambre et vocale, et l'opéra inachevé O'Higgins of Chile (1947).