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Société des concerts du Conservatoire

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Ensemble symphonique et choral français qui a donné des concerts à Paris jusqu'en 1967, date à laquelle il prit le nom d'Orchestre de Paris.

La Société des concerts du Conservatoire (S. C. C.) tire son origine de la même source que le Conservatoire de Paris, car elle est descendante de l'orchestre militaire de la garde nationale, institué par Sarrette dans les débuts de la Révolution. La S. C. C. a été officiellement fondée le 15 février 1828, par arrêté de la maison du roi Charles X. Le violoniste Habeneck avait insisté auprès de Cherubini, directeur de l'École royale, pour que reprissent les « exercices publics » des élèves, interrompus en 1815. Il s'agissait, en fait, de véritables concerts qui offraient des programmes très intéressants. En 1832, l'appellation « Société des concerts » fut confirmée, et le nombre de concerts fixé à 7 pour la saison.

L'effectif des musiciens et des chanteurs était, en 1828, de 76 instrumentistes et 78 choristes. Le premier concert, dirigé par Habeneck le 8 mars 1828, s'ouvrit sur la Symphonie héroïque de Beethoven. Entre 1828 et 1848, Beethoven, alors peu connu en France, fut le compositeur le plus joué, aux côtés de Mozart, Haydn, Weber, Gluck, Berlioz et Mendelssohn. Des interprètes et des cantatrices de renom venaient se produire aux concerts de la société : Liszt, Chopin, Vieuxtemps, Baillot, Mlle Falcon, Mme Pauline Viardot. Jusqu'en 1922, les concerts étaient donnés dans la Vieille Salle du Conservatoire ; ils furent ensuite transférés au théâtre des Champs-Élysées.

Habeneck resta au poste de chef d'orchestre jusqu'en 1848. Il fut remplacé par Narcisse Girard (1848-1860), puis par Alexandre Tilmant (1862-63), qui fit faire leurs débuts à Sarasate et à F. Planté, et qui dirigea le 5e concerto de Beethoven, interprété par Clara Schumann. En 1863, Tilmant démissionna, et Georges Hainl fut élu directeur contre Berlioz. Il fit connaître des compositeurs et des interprètes nouveaux : Wagner, Saint-Saëns, Th. Dubois, Fauré, Rubinstein, et dirigea les œuvres récentes de Berlioz, Gounod, Franck. En raison d'un public de plus en plus vaste, le nombre de concerts fut doublé à partir de 1867. De 1872 à 1885, la direction fut assurée par Édouard Deldevez, qui créa Ruth et les Béatitudes de Franck, ainsi que des œuvres de Schumann, Reyer, Lalo, Bizet. Jules Garcin (1885-1892), poursuivit l'œuvre de ses prédécesseurs en réservant une place importante à Chabrier, Fauré, Lalo, mais aussi à Haendel, Bach, Schumann et Brahms. Paul Taffanel (1892-1901) exécuta en priorité Saint-Saëns et Franck. Eugène Marty (1901-1908) accueillit le groupe de musiciens de la Schola cantorum : Vincent d'Indy, E. Chausson, P. Dukas, G. Ropartz, ainsi que Claude Debussy. De jeunes interprètes : Cortot, Thibaud, Casals y commencèrent une carrière qui allait devenir prestigieuse. De 1908 à 1919, André Messager dirigea des programmes très classiques où figuraient à côté des noms précédemment cités ceux de Florent Schmitt, Richard Strauss, Henri Busser, Henri Rabaud ; les solistes étaient I. Paderewski, G. Enesco, L. Capet, J. Thibaud, F. Busoni, Cl. Croiza. En 1917, la S. C. C. effectua une tournée en Suisse, et, en 1918, une grande tournée de prestige aux États-Unis.

Après la Première Guerre mondiale, alors que la France musicale commençait à s'engager dans de nouvelles voies, la S. C. C. se montra hostile à la musique nouvelle qui sortait des règles traditionnelles. Malgré les luttes de Philippe Gaubert, directeur de 1918 à 1938, le comité resta opposé au renouvellement du répertoire. Gaubert, démissionnaire, fut remplacé par Charles Munch, qui montra un souci d'originalité dans ses programmes, avec des œuvres peu jouées de maîtres anciens et des œuvres nouvelles de jeunes compositeurs. Mais il dut à son tour démissionner en 1946. Le comité engagea alors André Cluytens. Contrairement à la tradition, Cluytens ne faisait pas partie de la société, mais fut engagé sous contrat.

Traditionnellement, les membres de la S. C. C. devaient obligatoirement appartenir au Conservatoire, en tant que professeurs, élèves ou anciens élèves. Jusqu'en 1946, ils élisaient leur chef, qui devenait président de la société, ainsi que 7 musiciens qui constituaient le comité. Le directeur du Conservatoire était d'office président d'honneur. Le cahier des charges, imposé par le ministère des Beaux-Arts, astreignait le comité à certaines obligations : 30 concerts par saison, dont 18 devaient présenter des œuvres contemporaines, et un minimum de 4 heures pour des premières auditions, ceci avec le concours d'un nouveau premier prix de Conservatoire par saison.

Depuis 1925, la S. C. C. ne comportait plus de chœurs. Les membres de la S. C. C. ne touchaient pas de salaire, mais une part de recette calculée en fin d'exercice et augmentée d'une subvention de l'État. Cette situation matérielle fut une des principales raisons de la léthargie dans laquelle tomba peu à peu la S. C. C. : les musiciens étaient contraints de partager leurs activités entre elle et d'autres ensembles, et n'avaient donc pas le temps de participer à un nombre suffisant de répétitions pour obtenir la perfection d'exécution qui avait assuré la réputation de cet orchestre. Après 1962, le président d'honneur R. Gallois-Montbrun suggéra à André Malraux, ministre de la Culture, d'en faire un orchestre d'État. Malgré la réticence de nombreux musiciens, il poussa à la création, en 1967, de l'Orchestre de Paris, qui garda certains membres de l'ancienne S. C. C. et recruta de nouveaux musiciens pour en agrandir l'effectif.