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Gustave Charpentier

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur français (Dieuze, Lorraine, 1860 – Paris 1956).

Après la défaite de 1871, ses parents se fixèrent à Tourcoing et c'est dans cette ville que Gustave Charpentier prit ses premières leçons de violon et de clarinette. Employé à quinze ans dans une filature, il organisa une « société de sérénades » en collaboration avec son patron, Albert Lorthiois. Celui-ci, frappé par les qualités musicales de son jeune comptable, l'envoya au conservatoire de Lille. Un prix de violon et un prix d'harmonie lui valurent une bourse de la municipalité de Tourcoing, qui lui permit de se rendre à Paris (1881). Élève de Massard (violon), de Pessard (harmonie) et de Massenet (composition), il obtint, en 1887, le premier grand prix de Rome avec sa cantate Didon, qui connut un grand succès aux Concerts Colonne. Pensionnaire de la villa Médicis, il voyagea dans toute l'Italie et composa successivement Impressions d'Italie, qui devait triompher en 1891 aux Concerts Lamoureux, la Vie du poète, symphonie – drame pour solistes, chœur et orchestre, créée au Conservatoire en 1892, et le premier acte de Louise.

De retour à Paris, il s'installa dans une chambre à Montmartre et s'intégra dans l'atmosphère si vivante de la Butte, dont il subit toujours l'heureuse influence. C'est dans la rue qu'il donna ses premiers concerts publics. Cela commença par de simples défilés chantants, puis, souvenir de Tourcoing, par des sérénades. Enfin, il présenta le 24 juillet 1898, sur la place de l'Hôtel de Ville, le Couronnement de la muse, qui eut un grand retentissement populaire et que l'on devait en partie retrouver dans le troisième acte de Louise. À cette époque, il fonda le Conservatoire de Mimi Pinson, dont le but était d'offrir des places de théâtre aux jeunes ouvrières parisiennes. Mais dès 1902, il y fit donner gratuitement des cours de musique et de danse, en vue de réaliser par la suite un « théâtre du peuple », qui ne vit d'ailleurs jamais le jour.

Louise, son roman musical et son œuvre maîtresse, fut créée en février 1900 avec un rare succès, qui devait se prolonger jusqu'à nos jours. Ce succès établit sa réputation, et après avoir simplement annoncé un second ouvrage et une trilogie musicale, il fut élu à l'Institut, en 1912, au fauteuil de Massenet. La trilogie musicale ne fut jamais composée. Quant à Julien, créé en 1913, il se révéla n'être que le développement sur la scène de la Vie du poète. Julien est une œuvre hybride et un peu maladroite, mais qui n'en contient pas moins des pages d'une grande beauté. Par la suite, le compositeur voyagea beaucoup à travers l'Europe, mais ne composa pratiquement plus.

Sensible, sincère et naturellement bohème, Gustave Charpentier se passionna pour la nature, l'existence des gens simples, les réactions populaires. Il rechercha le lyrisme caché dans les humbles destinées et n'hésita pas, en particulier dans Louise et dans Julien, à mettre en musique une mansarde, une ménagère à son fourneau, un ouvrier dans son foyer. On a voulu le classer parmi les musiciens réalistes ou naturalistes ; il le fut moins en tout cas qu'un Alfred Bruneau, et sut toujours apporter une émouvante note romantique aux scènes les plus prosaïques de la vie moderne. Sans cesse soucieux de généreuses préoccupations sociales, il a très peu écrit, n'a jamais songé à entreprendre une œuvre de musique pure. Mais il a organisé partout des fêtes démocratiques et il a, avec sa Louise, merveilleusement développé la chanson du cœur de Paris.