En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Jacques Chailley

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur et musicologue français (Paris 1910 – Montpellier 1999).

Issu d'une famille de musiciens, successivement secrétaire général (1937), puis sous-directeur (1947) et enfin professeur d'ensemble vocal (1948) au Conservatoire national de Paris, professeur d'histoire de la musique à la Sorbonne et directeur de l'Institut de musicologie de l'université de Paris (1952), inspecteur général de la musique (1973), il a occupé des postes corporatifs importants (président du Comité national de la musique, 1962, de la Consociatio internationalis musicae sacrae, 1969, etc.) et sa carrière multiple a abordé presque tous les aspects de l'activité musicale. Chef de chœurs, il a été l'un des premiers animateurs des chorales de jeunesse (Alauda, 1929) ; chef d'orchestre, il a dirigé à la Comédie-Française en 1944 (débuts de Raimu) ; il est directeur de la Schola cantorum depuis 1962. Depuis son accession à la Sorbonne en 1952, son activité d'exécutant s'est progressivement effacée devant ses tâches d'enseignement et de recherche. Il a écrit d'importants traités, souvent novateurs (Traité historique d'analyse musicale, 1950 ; Traité d'harmonie au clavier, 1977), étudié la musique médiévale (Histoire musicale du Moyen Âge, 1950 ; l'École musicale de saint Martial de Limoges, thèse de doctorat d'État, 1952), l'histoire de la théorie musicale (l'Imbroglio des modes, 1960 ; la Musique grecque antique, 1979 ; la Musique et son langage, 1996), et renouvelé l'exégèse de nombreuses œuvres classiques et modernes, de Josquin Des Prés à Bartók et Messiaen (les Passions de Bach, 1963 ; la Flûte enchantée, 1968 ; Parsifal, 1979). Il a créé et développé une discipline nouvelle, la philologie musicale, à laquelle il a consacré de nombreux travaux (Éléments de philologie musicale, 1981). Transposant dans l'art visuel ses méthodes d'analyse musicale, il a également abordé l'exégèse d'œuvres plastiques et picturales (Jérôme Bosch et ses symboles, 1978).

Compositeur, Jacques Chailley a écrit de la musique de chambre (Quatuor à cordes, 1939 ; Sonate pour alto et piano, 1942), de la musique symphonique (Symphonie, 1947), un opéra (Thyl de Flandre, 1953), un ballet avec Jean Cocteau, la Dame à la licorne (1952), des mélodies et de nombreux chœurs (le Cimetière marin, 1980). Il est considéré comme l'un des principaux représentants d'une modernité non agressive, qui se veut continuatrice et rejette aussi bien la répétition stérile du passé que sa négation destructrice.

La carrière de Jacques Chailley et le catalogue analytique de son œuvre musicale (129 titres) et musicologique (359 numéros) sont relatés dans un livre publié en 1980 sous le titre De la musique à la musicologie. Il est membre de l'Académie royale de Belgique, de l'Académie des beaux-arts de San Fernando à Madrid, et a été plusieurs fois lauréat de l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France.