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Pierre Certon

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur français ( ? v. 1510 – Paris 1572).

Clerc de matines à Notre-Dame de Paris (1529), Certon entra à la Sainte-Chapelle en 1532 et y occupa successivement les fonctions de chantre, maître des enfants de chœur (v. 1542), chapelain perpétuel (1548). Malgré des tensions avec la hiérarchie ecclésiastique, dues à son indépendance de caractère, il obtint une prébende de chanoine à Notre-Dame de Melun (1560) et devint à la fin de sa vie le protégé du seigneur de Villeroy.

Continuant d'utiliser les techniques de la messe-parodie du siècle précédent (Sur le pont d'Avignon, Le temps qui court, Dulcis amica), Certon ne saurait montrer, sur le plan de la musique religieuse, une originalité particulière. En revanche, dans le domaine de la chanson, malgré l'écriture traditionnelle de ses premières pièces (Amour est bien, Jetez-les hors) et le style parisien (Un vert galant, Ho, le vilain), son rôle est d'importance historique et son œuvre très estimable. Il est, en effet, l'un des quatre musiciens ­ avec Janequin, Goudimel et Muret ­ à mettre en application dès 1552 le souci tant affirmé par Ronsard de la nécessité du retour à l'union de la poésie et de la musique à l'image de l'Antiquité classique. Participant à l'appendice musical (10 morceaux à 4 parties imprimées sur deux pages en regard) du recueil des Amours de Ronsard publiés chez la veuve De La Porte, avec deux sonnets (Bien qu'à grand tort…, I, 5 et J'espère et crains, I, 8), il pose le problème des rapports du texte et de la musique. Il adopte les principes avancés par les théoriciens de la Pléïade : découpage strophique, traitement syllabique du texte, écriture homorythmique afin de faciliter la compréhension des paroles chantées. La même année, il publia un recueil entier, Premier Livre de chansons dans ce style nouveau. Adaptées pour voix et guitare, ces chansons, qui parurent sous le nom de « voix de ville », représentent une étape de transition entre la chanson parisienne du début du siècle et l'air de cour.