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Enrico Caruso

Enrico Caruso
Enrico Caruso

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Ténor italien (Naples 1873 – id. 1921).

Né dans une famille humble, dix-neuvième enfant d'un mécanicien, il dut travailler en atelier dès l'âge de dix ans. Chantant dans des églises, il apprit les rudiments de la musique, mais ne fit aucune étude vocale particulière avant 1891. Il débuta en 1894 au Teatro Nuovo de Naples à l'occasion de la création de L'Amico Francesco de Morelli. Les premières années de sa carrière furent modestes et difficiles. La création du rôle de Loris dans Fedora de Giordano au Teatro Lirico de Milan, en 1898, attira l'attention sur lui. Il fut engagé en Amérique du Sud, en Russie, débuta à la Scala de Milan en décembre 1900 dans la Bohème de Puccini et y créa en 1902 le rôle de Maurice de Saxe dans Adrienne Lecouvreur de Cilea. Dès lors célèbre, il fut accueilli sur toutes les grandes scènes du monde, mais, à partir de ses débuts au Metropolitan de New York dans Rigoletto (1903), ce théâtre devint son principal port d'attache. Il y participa notamment à la création mondiale de la Fille du Far West de Puccini en 1910. En 1919, sa santé s'altéra. Le 24 décembre 1920, toujours au Metropolitan, dans la Juive de Halévy, il parut pour la dernière fois en scène. Il regagna l'Italie et mourut dans sa ville natale, où il avait refusé de se produire depuis 1902, son interprétation de l'Élixir d'amour de Donizetti y ayant été fraîchement accueillie.

La couleur de la voix de Caruso était d'une beauté exceptionnelle, avec quelque chose de velouté même dans la force. Cette voix était, à ses débuts, celle d'un demi-caractère lyrique. Elle gagna peu à peu en volume et sa couleur s'assombrit après l'ablation d'un nodule sur une corde vocale (1909). Son art peut être caractérisé par la réunion d'une technique irréprochable, qui le rattachait au passé, et de la recherche d'une interprétation moderne, inspirée par le réalisme. Cette synthèse de deux écoles avant lui inconciliables lui permettait d'interpréter les ouvrages de bel canto dans un style parfait, mais avec une intensité expressive jusque-là inconnue, et les ouvrages dramatiques avec tout le sentiment nécessaire, jusqu'à la violence, mais sans sacrifier la beauté de la voix. Son très vaste répertoire s'étendait du classicisme de Gluck et du romantisme élégiaque de Donizetti, en passant par Meyerbeer, Massenet, Puccini, etc., au vérisme de Leoncavallo et aux grands rôles de Verdi, sauf Othello, qu'il ne chanta jamais au théâtre.

Le disque, encore balbutiant, dont il fut la première grande vedette, contribua sans aucun doute à sa popularité, demeurée unique.