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Aleksandr Porfirievitch Borodine

Aleksandr Borodine, le Prince Igor
Aleksandr Borodine, le Prince Igor

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur russe (Saint-Pétersbourg 1833 – id. 1887).

« Je suis un musicien du dimanche », affirma Borodine lui-même. De fait, la musique resta toujours une occupation secondaire pour ce fils naturel du prince Lucas Guedeanov, qui fit sa carrière comme professeur de chimie à l'Académie militaire de médecine. Peut-être cela explique-t-il le caractère restreint de sa production et la lenteur de son rythme de travail. Borodine reçut des leçons de flûte, violoncelle, hautbois et, surtout, des leçons de piano de sa mère. S'étant lié d'amitié avec Moussorgski et Balakirev, en 1862, il participa à la constitution du groupe des Cinq. Tout en partageant les idées fondamentales du groupe, il se montra moins hostile que ses condisciples à l'emprise germanique sur la musique russe.

« Je suis moi-même, de nature, un lyrique et un symphoniste. Je suis attiré par les formes symphoniques. » Balakirev l'encouragea, d'ailleurs, dans cette voie de la musique pure (1re symphonie, 1862-1867). Liszt, qui considérait la musique russe comme le seul courant de vitalité depuis le Parsifal de Wagner, en fit l'éloge. La 2e symphonie (1869-1876), menée de pair avec le Prince Igor, reflète l'influence de cet opéra. Vraie symphonie héroïque russe, elle symbolise le rôle historique que Borodine a joué : une synthèse entre la Russie et l'Occident par un mélange des sources populaires et des formes classiques ou romantiques européennes. Malgré la lenteur avec laquelle cette œuvre a été élaborée, l'inspiration en est d'une richesse et d'une aisance étonnantes et les mélodies naissent spontanément. N'a-t-on pas dit qu'il y a dans le Prince Igor la matière d'au moins cinq opéras ? Commencée en 1869, l'œuvre demeura inachevée à sa mort et fut terminée par Rimski-Korsakov et Glazounov.

Le compositeur crée deux univers différents, l'un russe ­ celui d'Igor ­, avec ses thèmes francs et diatoniques, l'autre oriental ­ celui de Kontchak ­, avec son chromatisme, par exemple les Danses polovtsiennes ou la cavatine de Kontchakovna. Il préfère les formes italiennes traditionnelles (revues par Glinka) au style récitatif de Moussorgski. Le souci de la ligne générale l'emporte sur les détails. La voix occupe la première place, l'orchestre la seconde.

En 1880, Borodine contribua à fêter les vingt-cinq ans de règne d'Alexandre III avec Dans les steppes de l'Asie centrale, mais ses sentiments politiques étaient ambigus. Son libéralisme donna la clé d'un certain nombre de ses mélodies, telles que la Princesse endormie, Chanson dans la forêt sombre, la Mer, dont la vraie lecture est parabolique.

L'écriture de Borodine souligne son attachement à la simplicité de la ligne mélodique, à la légèreté et à l'agilité du contrepoint, à la clarté d'une harmonie riche en modulations. Le 2e quatuor, la 2e symphonie, à l'orchestration singulièrement audacieuse, connaissent une juste célébrité.