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Claude Ballif

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur français (Paris 1924 – Poissons, Haute-Marne, 2004).

Il a fait ses études au conservatoire de Bordeaux, puis à celui de Paris (1948-1951) avec Noël Gallon, Tony Aubin et Olivier Messiaen. Il a ensuite (1951) travaillé à Berlin avec Boris Blacher et Josef Rufer, ainsi qu'à Darmstadt avec Hermann Scherchen. En 1955, il a obtenu le premier prix de composition au concours international de Genève pour son œuvre Lovecraft, et enseigna aux Instituts français de Berlin (1955-1957) et de Hambourg (1957-58). Rentré en France en 1959, il a travaillé au Groupe de recherches musicales de l'O. R. T. F. avant d'entreprendre une carrière de professeur. Il a enseigné l'analyse et l'histoire de la musique à l'École normale de musique de Paris (1963-64), la pédagogie, puis l'analyse au conservatoire de Reims (à partir de 1964). En 1968, il a participé à la fondation du département de musique de l'université Paris-VIII (Vincennes), qu'il a ensuite dirigé pendant un an, et il est, depuis 1971, professeur d'analyse au Conservatoire de Paris. En 1978-79, il a passé un an comme professeur à l'université McGill de Montréal, tandis que le compositeur et professeur Bruce Mather le remplaçait à Paris.

Libre de toute école, Claude Ballif a adopté, dès les années 50, une position particulière, refusant l'alternative tonalité-atonalité, ne voyant dans les termes « tonal », « atonal » ou « modal » que les reflets de situations limites, et développant pour sa part le concept de métatonalité, fondé sur une échelle de onze sons et capable de prendre en compte toute écriture musicale. Son Introduction à la métatonalité (1953) est parue en 1956. Il a publié également une monographie sur Berlioz (1968) et de nombreux articles, dont certains réunis en volume (Voyage de mon oreille, 1979). Solitaire non dépourvu d'humour, c'est un homme de culture doté d'une grande curiosité et d'une solide foi religieuse.

On lui doit à ce jour une bonne soixantaine d'ouvrages. Citons, pour piano solo, 5 Sonates (1953-1960), Airs comprimés op. 5 (1953), Pièces détachées op. 6 (1952-53), Bloc-notes op. 37 (1961) ; 4 Sonates pour orgue op. 14 (1956) ; pour flûte et piano, la Sonate op. 23 (1958) et Mouvements pour deux op. 27 (1959) ; 3 trios à cordes, 3 quatuors à cordes (1955-1959) et de la musique de chambre diverse ; 1 quatuor pour trio à cordes et percussion op. 48 (1975) ; la série des 6 Solfegiettos pour instrument so

liste (de 1961 à 1975) ; Imaginaire I à VI, série d'ouvrages tous conçus pour 7 instruments et tous basés sur un seul intervalle ; pour orchestre, Lovecraft op. 13 (1955), Voyage de mon oreille op. 20 (1957), Fantasio op. 21 (1957), Fantasio grandioso op. 21 B (création en 1977), Ceci et cela (1959-1965), À cor et à cri op. 39 (1962) ; comme œuvres religieuses, Quatre Antiennes à la Vierge (1952-1965), les Battements du cœur de Jésus pour trompette, trombone et double chœur (1971) et le requiem la Vie du monde qui vient (1953-1972, créé à Paris en mai 1974) ; comme ouvrages avec voix, Phrases sur le souffle op. 25 (1958), Fragment d'une ode à la faim op. 47 pour 12 voix solistes (1974), Poème de la félicité op. 50 pour 3 voix de femmes, guitare et 2 percussions (1977). On lui doit encore Cendres pour percussion (création en 1972), et, comme œuvres récentes, Ivre-Moi-Immobile op. 49 pour clarinette, petit orchestre et percussion (1976), une sonate pour clarinette et piano op. 52 (1978), l'Habitant du labyrinthe op. 54 pour 2 percussions (1980), Un coup de dé-Mallarmé op. 53, contre-sujet musical pour chœur symphonique, 2 percussions, 2 timbales, 2 contrebasses et un ruban sonore (1978-1980), l'opéra Dracoula (1984), la farce lyrique Il suffit d'un peu d'air (1990-1991).

Claude Ballif a reçu le prix Arthur Honegger en 1974 et le grand prix musical de la ville de Paris en 1980.