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Ézéchiel

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

C'est, avec Isaïe et Jérémie, un des « grands prophètes » du judaïsme. Son nom hébreu Yehézq'êl, signifie « Que Yahvé rende fort ». Il a exercé son activité, au début du vie s. av. J.-C., auprès des exilés de Babylonie, où il fut emmené sans doute lors de la première déportation sous Joiakîn, roi de Juda, en 597. Là, pendant dix ans, il tient le même langage que Jérémie resté à Jérusalem : il reproche au peuple de Dieu (Ézéchiel, 3-24) et aux nations leur mauvaise conduite. Mais, à partir de 587, quand la catastrophe est arrivée et que le peuple a perdu tout espoir, sa prédication devient message d'espérance (Ézéchiel, 33-39) : Dieu, proclame-t-il inlassablement, va restaurer son peuple. Ézéchiel en est tellement assuré qu'il décrit, de façon futuriste, la Jérusalem de l'avenir, transfigurée par Dieu (40-48). Les oracles d'Ézéchiel sont rassemblés dans le livre qui porte son nom. Dans la Bible hébraïque, ce livre suit immédiatement le Livre de Jérémie, qui succède à Isaïe. Cette ordonnance a été adoptée par les Bibles chrétiennes. Mais l'ordre des « Grands Prophètes » préconisé par le Talmud est le suivant : Jérémie, Ézéchiel et Isaïe (« Le Livre des Rois s'achève sur le malheur, Jérémie est entièrement le malheur, Ézéchiel commence avec le malheur mais s'achève avec la consolation, tandis qu'Isaïe est tout entier consolation », Baba Batra, 14 b).

On a appelé Ézéchiel le « père du judaïsme », bien qu'il ne soit pas toujours facile de mesurer son apport personnel. Il a orchestré Jérémie (31, 31-34), aussi bien que les prescriptions de la « Loi de sainteté » (Lévitique, 17-26). Les prophètes Aggée, Malachie, Esdras seront ses disciples. On lui doit notamment le goût du Temple et du « nomisme », l'horreur de la « souillure », la conception d'Israël comme « Église », les thèmes et le style apocalyptiques qui caractérisent les visions de Zacharie et de Daniel, la problématique de la rétribution, qu'approfondiront Job et l'Ecclésiaste.