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Équateur

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

La période coloniale connut une littérature abondante, essentiellement historique et religieuse (Gaspar de Villarroel, Juan de Velasco, Juan Bautista Aguirre). Une poésie satirique apparaît à la fin du xviiie siècle, dans le premier journal équatorien (Francisco Eugenio de Santa Cruz y Espejo). Les guerres de l'indépendance sont célébrées par José Joaquín Olmedo (la Victoire de Junín, 1825), tandis que le romantisme européen trouve des disciples en Numa Pompilio Llona et Julio Zaldumbide. Juan León Mera, le premier romancier de son pays (Cumanda ou un drame entre sauvages, 1879), rappelle Chateaubriand dans son exaltation de la nature tropicale, tandis que Juan Montalvo est la grande figure de l'époque.

Alors que le romantisme jette ses derniers feux avec les poètes César Borja et Remigio Crespo Toral, le réalisme gagne les lettres équatoriennes (Alfredo Baquerizo Moreno, Luis A. Martínez). Si le mouvement moderniste a eu moins d'influence en Équateur que dans les autres pays de l'Amérique latine, il a toutefois donné quelques poètes (Humberto Fierro, Arturo Borja, José María Egas) et un romancier tel Gonzalo Zaldumbide. Avec Jorge Carrera Andrade et Gonzalo Escudero, la poésie s'ouvre aux tendances d'avant-garde. Benjamín Carrión est un des meilleurs essayistes de sa génération.

Violemment réalistes, les prosateurs des années 1930 dénoncent les injustices du système social à l'instar de Jorge Icaza (la Fosse aux Indiens, 1934). Parallèlement, les écrivains du groupe de Guayaquil traitent des problèmes sociaux de la région côtière (Demetrio Aguilera Malta, Enrique Gil Gilbert). À ce groupe appartiennent aussi José de la Cuadra et Alfredo Pareja Diez-Canseco (les Trois Rats, 1944). La veine réaliste apparaît également chez Humberto Salvador, Jorge Fernández et Adalberto Ortiz. En marge de ce courant, Pablo Palacio témoigne d'un humour souvent noir. La poésie, elle, vise à des horizons élargis aux dimensions du monde moderne avec les poètes du groupe Madrugada, fondé à Quito en 1944 (César Dávila Andrade, Alejandro Carrión, Jorge Enrique Adoum).

Dans les dernières décennies, de nombreux groupes cherchent des voies nouvelles : Presencia, Umbral, Elan, les Tzántzicos, etc. Préoccupations sociales ou religieuses marquent les œuvres de Francisco Granizo Ribadeneira, Eugenio Moreno Heredia, Teodoro Vanegas Andrade, Edgar Ramírez Estrada et surtout Alfonso Barrera Valverde (Temps secret, 1977), Carlos Eduardo Jaramillo (Tralfamadore, 1977), Euler Granda, Fernando Cazón Vera (le Fils prodigue, 1977). Dans le domaine de la prose, sous l'influence de Cortázar et de García Márquez notamment, la nouvelle connaît une faveur particulière avec Pedro Jorge Vera, Juan Viteri Durand, Rafael Díaz Ycaza, Carlos de la Torre Reyes, Walter Bellolio, Eugenia Viteri, Hipólito Alvarado, Carlos Bejar Portilla, Vladimiro Rivas Iturralde.