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Égypte

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

L'Égypte moderne

Successivement province culturelle hellénistique (elle est la patrie de l'alexandrinisme), romaine (elle joue avec la communauté juive d'Alexandrie puis avec l'école de Saint-Clément et d'Origène un rôle décisif dans l'élaboration des traditions culturelles du christianisme), byzantine, l'Égypte s'inscrit en 642 dans l'univers des lettres arabes (arabe).

Littérature moderne en Égypte

Avec le xixe s. s'ouvre autour de pionniers comme Tahtâwî la Nahda (« Éveil, Renaissance »). Un vaste mouvement de traduction ('Uthmân Jalâl) s'intensifie avec l'arrivée de Syriens et de Libanais (Najîb al-Haddâd et Adib Ishâq) qui, fuyant les Ottomans et bénéficiant de la tolérance et de la liberté relative des Khédives, doteront l'Égypte de ses premiers journaux. L'influence culturelle française va être prépondérante pendant plus d'un siècle, et la domination politique anglaise, à partir de 1882, semblera même (ce sera une forme intellectuelle de protestation nationaliste de la part des élites égyptiennes) la renforcer. De fait, les lettres francophones comptent d'importants représentants égyptiens comme Albert Cossery, Georges Henein, Joyce Mansour et Andrée Chedid.

La seconde moitié du siècle et le début du xxe verront la naissance d'une littérature arabe moderne et l'apparition de genres nouveaux, le théâtre (Ya'qûb Sannû') et le roman (Ya'qûb Sarrûf, Muhammad al-Muwaylihî). L'inspiration est didactique, populaire et historique avec Zaydân, romantique avec Haykal, sentimentale et moralisatrice avec Manfalûtî, autobiographique (Tâhâ Husayn) ou symboliste (Tawfîq al-Hakîm). Le réalisme s'impose cependant tant dans la nouvelle (Taymûr, Tâhir Lâchîn, Yahyâ Haqqî) que dans le roman. Il connaît un âge d'or avec Mahfûz, prix Nobel en 1988.

Le réalisme social de Charqâwî et de Nu'man 'Âchûr, dans l'enthousiasme révolutionnaire d'après 1952, laisse place la décennie suivante à une remise en cause aggravée par le traumatisme de la défaite de 1967. Théâtre poétique et de l'absurde, nouvelles recherches narratives, écriture transgénérique, chosisme, exploration de l'imaginaire, du rêve, de l'inconscient et des mythes, hyperréalisme froid, de Yûsuf Idrîs à Kharrât, de Ghîtânî à Sun'allâh Ibrâhîm et aux autres, la littérature en Égypte est dynamique et novatrice, revendicatrice de liberté.

Quant à la poésie égyptienne, elle a connu plusieurs générations majeures. Les néoclassiques (al-Bârûdî, Chawqî, Hâfiz Ibrâhîm) maintiennent jusqu'au milieu du xxe s. la tradition poétique, mais amorcent, avec Mutrân, le renouveau romantique. Le groupe Apollo (1932) se situe à mi-chemin entre le romantisme et le symbolisme (Abu Châdî, 'Ali Mahmûd Tâhâ). La tendance intimiste et pessimiste d'un 'Abd al-Rahman Chukrî annonce un lyrisme intime fortement influencé par l'Occident et qui fera de nombreux disciples (al-Mâzinî, al-Aqqâd). L'engagement politique et le renouveau des années 1950 affecta principalement la forme. C'est l'avènement du poème en prose et de la poésie libre. 'Abd al-Sâbûr et Hijâzi abordent des thèmes nouveaux, rompant avec la rhétorique et se démarquant définitivement de la rime classique. La génération d'après 1967 est celle du refus et de la révolte contre le fatalisme et la résignation. Cette perpétuelle mise en question est d'actualité avec la génération illustrée par Matar, qui allie l'écriture dépouillée à l'intensité dramatique, par Dunqul, poète de la rupture, et aujourd'hui par 'Abd al-Mun'im Ramadân, enfant terrible de la poésie arabe.