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puritains

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Le terme désigne les membres des communautés anglaises d'inspiration calviniste qui, au milieu du xvie siècle, voulurent revenir à la pureté du christianisme primitif par réaction contre les compromissions de l'Église anglicane. Persécutés à partir de 1570 par Élisabeth Ire, les puritains émigrèrent en grand nombre en Hollande, puis aux États-Unis, où le groupe le plus célèbre est celui des « Pères pèlerins » du Mayflower (1620) ; un autre groupe est à l'origine du Massachusetts (1629). Le puritanisme est donc d'abord une théologie qui affirme une foi inébranlable et le sens de la prédestination ; il est exposé par Bradford (Histoire de la colonie de Plymouth), R. Williams (la Doctrine sanguinaire des persécutions pour motif de conscience), Wigglesworth (le Jugement dernier), Edward Taylor (Œuvres poétiques), Jonathan Edwards (le Libre Arbitre). Il marque la création littéraire du xixe siècle, notamment avec Nathanael Hawthorne. Le puritanisme a souvent suscité la critique chez les écrivains. Celle-ci relève souvent d'un banal antipuritanisme, qui s'interprète en termes de libération morale et sexuelle, mais elle traduit parfois, plus essentiellement, une dénonciation des fondements culturels de la nation américaine. Résumée par William Carlos Williams dans son essai Au grain américain, elle souligne que le puritanisme, dans son souci religieux et dans son idéologie sociale, portait en lui la négation de la réalité continentale, locale, et qu'il a privé l'imaginaire américain de véritables liens avec l'objet et le quotidien. Le puritanisme a fait prévaloir une vaste déréalisation, contre laquelle durent aller les écrivains, ainsi contraints au seul constat du Mal et à une manière de réclusion. Il est encore une détermination de l'imaginaire, en tant qu'il commande, par la notion de prédestination, une littérature romanesque symbolique, peu apte à noter l'évolution du monde réel et l'ambiguïté morale.