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prose rurale

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

On désigne sous ce terme des œuvres écrites pendant la déstalinisation et qui, en opposition à l'idéalisation véhiculée par le réalisme socialiste, décrivent avec le plus d'authenticité possible la réalité des campagnes russes, confrontées aux suites de la collectivisation forcée, de la guerre, et au déclin des valeurs qui assuraient la cohésion de ce monde. Soljenitsyne, Abramov, Astafiev, Raspoutine, Choukchine sont parmi les représentants les plus connus de ce courant. Valentin Ovietchkine (1904-1968), placé par ses fonctions de journaliste et de militant au contact du monde paysan, fait figure de précurseur avec son District en semaine (1952-1956), où il expose ses vues sur une gestion moderne de l'agriculture. Iefim Doroch (1908-1992) fut un des chefs de file de la prose rurale : ses romans et ses essais retracent d'année en année l'évolution conflictuelle d'un canton, opposant à l'initiative des masses l'incurie et la passivité des dirigeants, de Ivan Fedosseïevitch (1954) à Ivan Fedosseïevitch prend sa retraite (1967). Le bureaucratisme est une des cibles privilégiées de la prose rurale : l'œuvre d'Alexandre Iachine (1913-1968), en particulier les Leviers (1956), en donne une excellente illustration. On peut citer également Boris Mojaïev (1923-1996) qui dénonce lui aussi une gestion ne prenant aucunement en compte le facteur humain, tout en offrant une vision idéalisée des formes traditionnelles de la vie rurale (Dans la vie de Fedor Kouzkine, 1966). Sergeï Zalyguine (né en 1913) aborde plus directement et plus violemment les abus de la collectivisation en Sibérie (Au bord de l'Irtych, 1964). Vassili Bielov (né en 1932) revient également sur cette époque (Veilles, 1972-1977), mais en s'attachant aussi – en particulier à travers l'usage d'un dialecte savoureux – à décrire la manière dont le passé survit chez les kolkhoziens de sa région natale de Vologda (Récits du charpentier, 1968).