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littérature phénicienne

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Le peuple qu'on désigne sous le nom des Phéniciens était disséminé, au iie et au ier millénaire av. J.-C., dans différentes cités-États peuplées de marchands et de navigateurs, souvent florissantes, établies tout au long du littoral méditerranéen, comme Arvad, Byblos, Bérythe (Beyrouth), Sidon ou Tyr. En butte à la domination de l'Égypte pharaonique, sujettes aux invasions des armées hittites ou assyro-babyloniennes, guerroyant à l'occasion entre elles, ces principautés n'ont jamais été réunies en un grand État, chaque cité développant, au contraire, et défendant farouchement son particularisme. La langue parlée et écrite dans ces cités était le phénicien, qui appartient à la branche septentrionale du sémitique de l'ouest. Ce furent les Phéniciens qui, parmi d'autres Sémites occidentaux, ont définitivement élaboré le premier alphabet, et l'ont, surtout, diffusé tout le long de la Méditerranée, de l'Est à l'Ouest, tout en le transmettant aux Araméens, aux Hébreux et aux Grecs qui, l'ayant complété par l'introduction de la notation des voyelles, nous l'ont, à leur tour, laissé en héritage par l'intermédiaire de l'alphabet latin.

Malgré la minceur et la disparité des témoignages directs, constitués par quelques centaines d'inscriptions phéniciennes, mises au jour dans un état plus ou moins fragmentaire, les renseignements contenus dans les sources extérieures, notamment les textes grecs et latins, les textes assyro-babyloniens et, accessoirement, égyptiens, permettent de supposer que les Phéniciens ont élaboré une assez riche littérature : historique, juridique, religieuse, poétique. On sait, ainsi, qu'il y a eu des Annales phéniciennes, où les scribes consignaient scrupuleusement les faits et les événements de chaque règne (cf. Flavius Josèphe, Contre Apion, I, 154). On connaît de même plusieurs lois phéniciennes, notamment à Tyr. Mais c'est la littérature religieuse qui semble avoir été la plus développée, comme on peut le présumer d'après certaines inscriptions et surtout les œuvres littéraires rédigées en grec. C'est ainsi qu'Eusèbe de Césarée nous a transmis des extraits de l'Histoire phénicienne composée par Philon de Byblos (ier-iie s. apr. J.-C.) qui prétend avoir traduit l'œuvre d'un ancien sage phénicien, nommé Sanchuniaton, dont il cite plusieurs récits mythiques. Enfin, certaines inscriptions phéniciennes contiennent des passages ou des clichés poétiques qui témoignent de l'existence de ce genre littéraire, puisant parfois dans l'ancien fonds sémitique.