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occidentalistes et slavophiles

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Les réformes de Pierre le Grand ont posé le problème de l'inscription européenne de la Russie, qui marque aussi, sur un mode souvent bipolaire, la pensée et la culture russes. Originellement rattaché au problème du servage (en ce sens Tchaadaïev est le père de ce mouvement), l' « occidentalisme » revendique une « européanisation » dans un sens libéral et démocratique. À proprement parler, ce courant progressiste, qui se développe dans les années 1940, conditionne, sous l'influence essentielle de Bielinski, la formation de « l'école naturelle » : comme Gogol, les écrivains, en dénonçant les travers de la société russe, doivent favoriser l'évolution sociale. Herzen, son ami le poète Nikolaï Ogarev (1813-1877), Pavel Annenkov (1813-1887) et Tourguéniev peuvent être considérés comme les représentants les plus caractéristiques de ce courant, auquel on oppose traditionnellement, alors qu'ils se rejoignent en bien des endroits, les slavophiles. En réaction aux précédents, ces derniers mettent l'accent sur l'originalité de l'histoire et de la culture russes. Alexeï Khomiakov (1804-1860), à l'origine de ce mouvement (l'Ancien et le Nouveau, 1839), sera rejoint par des écrivains comme les frères Ivan et Konstantin Aksakov (1823-1886 et 1817-1860), Stepan Chevyriov (1806-1864), les frères Kireïevski, Petr (1808-1856) et surtout Ivan (1806-1856). Tout en réclamant l'abolition du servage et la fin d'un autoritarisme abusif, ils voyaient dans l'européanisation une menace pour la vie spirituelle de la Russie. Opposés comme les occidentalistes à « l'art pour l'art », ils exigent de l'écrivain qu'il soit le chantre des valeurs – patriarcales et orthodoxes – qu'ils défendent.