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ningyo-joruri

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Genre dramatique japonais combinant la manipulation des marionnettes (ningyo) avec le type de récitation connu depuis le xvie s. sous le nom de joruri. C'est dans les premières années de l'époque d'Edo (1603-1867) que les récitants commencent à s'associer aux marionnettistes et aux musiciens de shamisen (luth à trois cordes d'origine chinoise) pour créer un art qui va connaître dès la fin du xviie s. sa plus haute expression, sous l'action conjuguée du récitant Takemoto Gidayu, qui fonde en 1684 à Osaka la salle du Takemoto-za, et de l'auteur dramatique Chikamatsu Monzaemon. Le xviiie  siècle est caractérisé par de nombreux perfectionnements techniques. Les poupées deviennent bientôt des mécanismes lourds et complexes dont la manipulation doit être confiée (1734) à trois marionnettistes. L'action coordonnée de ces artistes encapuchonnés de noir, apparaissant à vue derrière la grande poupée, entraîne un mélange unique de réalisme gestuel et de théâtralité. Trois grands spectacles donnés coup sur coup au Takemoto-za sous la direction du dramaturge Takeda Izumo : Yoshitsune et les mille cerisiers (1746), les Secrets de la calligraphie de Sugawara (1747) et, surtout, le Trésor des vassaux fidèles (1748), immédiatement adaptés avec un vif succès au kabuki, marquent pour le théâtre de marionnettes et l'apogée et le commencement de la fin. En 1767, le Takemoto-za cesse de se consacrer exclusivement au théâtre de poupées. Le récitant Uemura Bunrakuken fonde vers 1800 une salle qui finira par prendre en 1872 le nom de Bunraku-za, et constituera, à partir du début du xxe s., le seul théâtre dépositaire de la tradition du ningyo-joruri d'Osaka.