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lai

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Aux xiie et xiiie siècles, ce terme qualifie des récits brefs, en octosyllabes. Les plus anciens, les Lais de Marie de France, se présentent comme la mise en récit de compositions poético-musicales d'origine celtique, comme le suggère par exemple le Lai du chèvrefeuille. La thématique amoureuse alliée au merveilleux féerique en est l'argument essentiel. Le terme sert aussi à qualifier des récits brefs inspirés les uns d'Ovide, comme le Lai de Narcissus, ou, au début du xiiie siècle, le Lai de l'ombre de Jean Renart, qui situe dans un espace-temps contemporain une entreprise amoureuse réussie. Au xiiie siècle, l'élément musical et la forme strophique réapparaissent dans les lais dits « arthuriens » du Tristan en prose, puis dans des romans comme Perceforest (xive s.). Au xive siècle, le terme désigne une forme lyrique très pratiquée par des poètes comme Guillaume de Machaut, Froissart, Alain Chartier. La structure en est assez souple. Le lai doit en principe comporter 12 strophes dont seule la dernière reprend le schéma de la première. Souvent autonome, le lai peut être incorporé à de plus vastes ensembles comme dans le Remède de Fortune de Machaut. La thématique est très diverse, de l'inspiration amoureuse (Lay mortel de Christine de Pisan) aux préoccupations morales, religieuses (Lay de Notre Dame de Froissart), politiques (Lay de Paix d'Alain Chartier), à la complainte (Fortunes et Adversités de Jean Regnier). Prédomine l'expression de l'émotion, de la sensibilité du « je » poétique et de son rapport au monde. Forme encore vivante, comme la complainte (qui en est proche), jusqu'au début du xvie siècle dans la poésie des rhétoriqueurs, le lai disparaît vers 1550.