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littérature gauchesque

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Cette littérature qui est l'expression littéraire par excellence de l'Argentine du xixe et du début du xxe siècle a pour cadre et pour thème les plaines de La Plata et leurs gauchos. Son but est d'exalter le gaucho, ses vertus et son indépendance, et de peindre ses mœurs, en utilisant sa propre langue. Ce personnage, d'ailleurs au centre, dès 1773, du Lazarillo voyageant aux quatre vents de Concolorcorvo, est un modèle d'adaptation au milieu naturel et fait partie d'une véritable ethnie, dont l'âge d'or correspond à la période pastorale de l'Argentine et s'achève avec l'avènement de la grande agriculture. Il s'agit à l'origine d'une poésie en octosyllabes, à forme traditionnelle, pour laquelle on peut distinguer deux étapes : une production spontanée et orale, le plus souvent accompagnée de musique ; le passage à la forme écrite, où le lyrisme demeure, mais à travers un contenu épique. La seconde étape (1820-1875) est dominée par les figures de Bartolomé Hidalgo, de Hilario Ascásubi, d'Estanislao del Campo, célèbre pour son Fausto créole, de Rafael Obligado et, surtout, de José Hernández, créateur du Martín Fierro (1872), véritable poème national de l'Argentine. Le roman gauchesque trouve un précédent dans le Facundo de Sarmiento. Ses successeurs proposent une idéalisation du personnage : E. Gutiérrez (Juan Moreira, 1879-1880), B. Lynch, A. Gerchunoff et, surtout, R. Güiraldes, grâce à qui le roman gauchesque aura son chef-d'œuvre, Don Segundo Sombra (1926).