En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

féerie

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Qu'elle prenne la forme d'un opéra, d'un ballet, d'une pantomime ou d'une pièce à l'intrigue fantaisiste (Songe d'une nuit d'été de Shakespeare), la féerie est une représentation scénique qui recourt aux effets de magie, de merveilleux et de spectaculaire, et fait intervenir des personnages imaginaires doués de pouvoirs surnaturels (fée, démon, élément naturel, créature mythologique, etc.). Elle repose sur tous les moyens visuels imaginables (costumes, éclairages, feux d'artifice), sur l'illusionnisme total du décor susceptible de toutes les manipulations, et sur l'efficacité de la machinerie scénique qui, simulant le vol, l'apesanteur, la force, l'apparition instantanée, « augmente et embellit la fiction, soutient, dans les spectateurs, cette douce illusion qui est tout le plaisir du théâtre » (La Bruyère). La féerie est populaire au xviie s. baroque : mises en scène de Torelli, dramatisation de contes de fées de Perrault, création de l'Andromède et de la Toison d'or de P. Corneille, de Psyché de Molière. Au xviiie s., les Comédiens-Italiens, l'Opéra et le Théâtre de la Foire créent un genre à grand spectacle qui participe du théâtre et de l'opéra. En Italie, la Commedia dell'arte et les comédies fiabesques de C. Gozzi, mises en scène par A. Sacchi, font appel à un déploiement scénique où règnent la convention et la fantaisie. À la fin du xviiie s., les fantasmagories ont l'art de produire l'illusion de fantômes dans des salles obscures. Au xixe s., la féerie s'associe au mélodrame, à l'opéra, à la pantomime, puis au vaudeville, pour produire des spectacles où se mêlent, au milieu des chants, danses, musique et effets de mise en scène, les héros humains et les forces surnaturelles. Dans la seconde moitié du siècle apparaît le music-hall, avec ses numéros de prestidigitation et d'illusionnisme (Robert Houdin) qui ne le cèdent en rien, sur le plan du merveilleux, aux machines du Grand Siècle. La féerie rejoint la pièce populaire dans les réalisations des « Volksstücke » viennoises (Raimund), les théâtres du « Boulevard du crime » ou, de nos jours, les spectacles fastueux des opérettes ou des revues érotiques ou sportives (Holiday on ice). Le cinéma (trucages de Méliès, dessins animés, films fantastiques) est l'héritier direct de cette forme où la technique est chargée de produire à grands frais l'extraordinaire et l'inimaginable.