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littérature falacha

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Les Falachas, Juifs d'Éthiopie, sont très peu nombreux, car ils ont été systématiquement persécutés par le pouvoir pendant des siècles. Ils vivaient disséminés en petits groupes dans les provinces de l'Éthiopie centrale, notamment dans la région de Gondar. Ils utilisaient jadis un dialecte de l'agaw occidental, mais ils parlent tous aujourd'hui l'amharique et ne se distinguent pas, sauf sur le plan religieux, des autres habitants des hauts plateaux. Beaucoup d'entre eux avaient émigré en Israël après la révolution de 1974 et la communauté a connu un exode massif en 1984-1985. Ils ignoraient l'hébreu et ne connaissaient pas les traditions postbibliques (Talmud et Mishnah). Leur littérature est en langue guèze ; elle emprunte à celle de l'Éthiopie chrétienne ou puise aux mêmes sources qu'elle. L'influence a, d'ailleurs, pu être réciproque, car les liens entre le judaïsme et le christianisme éthiopien sont très forts. Mais il arrive que les textes falacha et chrétien d'un même ouvrage diffèrent considérablement. La version falacha se caractérise par l'emploi de la formule juive : « Que soit béni le Seigneur, Dieu d'Israël » à la place de l'invocation chrétienne à la Sainte Trinité et par la suppression des allusions aux saints et à l'Église. Outre les livres canoniques de l'Ancien Testament, les Falachas possèdent plusieurs apocryphes (Hénoch, Jubilés, Esdras IV) et d'autres textes communs avec les chrétiens, notamment le Gadla Abrehâm (récit de la mort d'Abraham et de sa vie dans l'autre monde, exaltant le bonheur des justes) et plusieurs livres d'inspiration apocalyptique, genre fort prisé en Éthiopie, comme le Livre des Anges, Baruch et l'Apocalypse de Gorgorios. Quelques ouvrages leur appartiennent en propre et peuvent être considérés comme des créations originales. C'est le cas notamment des Commandements du Sabbat (Te'zâza Sanbat), recueil des prescriptions relatives au sabbat, comprenant aussi des hymnes, des homélies et des légendes ; le sabbat y est représenté comme une créature céleste féminine, sorte d'ange. Les prières falacha conservent, mêlés au guèze, quelques mots ou fragments en agaw, qui comptent parmi les rares témoignages écrits de cette langue.