En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

dogon

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

L'ethnologie française a trouvé dans le peuple dogon, qui habite les falaises de Bandiagara au Mali, un groupe sur lequel elle a concentré ses efforts de description et de compréhension totale d'une société. La collecte de leurs devises, de leurs masques, de leurs jeux, de leur langue secrète et la magistrale synthèse de G. Calame Griaule, Ethnologie et langage (1964), ont donné à comprendre la place de la parole dans une société orale, c'est-à-dire ici non encore islamisée au milieu du xxe siècle. Les cérémonies de confection de la « Mère du masque », le sigui, et les textes qui leur sont associés ont pu être recueillis, notamment par Michel Leiris, et filmés par Jean Rouch. Marcel Griaule a même produit un des premiers textes d'ethnologie à la première personne en donnant la parole à Ogontemmeli, le sage dogon dans le Dieu d'eau (1949), qui présente d'une manière cohérente sa vision du monde. Un tel tableau qui fige une société dans un éternel présent ethnologique est remarquable, mais participe plus pour nous d'un rêve d'ethnologue que d'une enquête sur des sociétés en mouvement comme les autres. Une nouvelle ethnographie plus consciente des conditions de l'interaction en situation coloniale doit relire cette admirable utopie africaine.