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criollismo

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Courant littéraire latino-américain, répandu jusqu'à la fin de la première moitié du xxe siècle, exaltant les beautés et les coutumes du monde latino-américain. Le terme, dérivé de criollo, désigne, à l'origine, l'Américain de race blanche, né de père et de mère espagnols, puis toute une classe sociale. Par extension, il s'applique à tout ce qui est authentiquement américain. Le criollismo s'exprime, au xixe siècle, dans une littérature nativiste et régionaliste ; les emprunts aux divers particularismes et aux parlers indigènes sont très fréquents et la campagne, garante supposée de la tradition criolla, est opposée à la ville, sujette aux immigrations successives. Le criollismo apparaît d'abord au Chili, avec le romancier Alberto Blest Gana (l'Idéal d'un libertin, 1863). Mais ce courant ne prend son véritable essor qu'avec le naturalisme et des écrivains tel Mariano Latorre (Zurzulita, 1920), ouvrant la voie à Manuel Rojas (l'Homme du Sud) et Luis Durand.

En 1930, les tenants du criollismo se regroupent autour de la revue Indice, qui devait révéler B. Subercaseaux (le Chili, ou une géographie folle) ; la décennie suivante, avec Oscar Castro et Juan Godoy, est celle des néo-criollistas. Ceux d'en bas, du Mexicain Mariano Azuela, la Fosse aux Indiens de l'Équatorien J. Icaza, Doña Bárbara du Vénézuélien R. Gallegos, la Voragine du Colombien E. Rivera, ou Juan Criollo, au titre révélateur, du Cubain C. Loveira, sont quelques-uns des grands romans du criollismo, dont le chef-d'œuvre est sans aucun doute Don Segundo Sombra de l'Argentin R. Güiraldes. Bien que le criollismo n'ait pas totalement disparu de la littérature d'Amérique latine, il est nettement passé au second plan des préoccupations des écrivains contemporains, souvent en quête d'un « panaméricanisme » supranational.